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 Your hurt my soul // Svey

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MessageSujet: Your hurt my soul // Svey   Mar 13 Jan - 20:48

Sveyta & Marvek


L'effervescence était à son point le plus culminant, oscillant entre la colère exacerbée par les agissements du gouvernement et l'envahissante tristesse qui assaillait les cœurs déjà moroses. Les rafles du gouvernement avaient toujours ce même effet dévastateur sur les populations d'immigrés, et c'était toujours dans un silence de mort qu'ils laissaient les choses se dérouler, préférant de loin les quelques rafles aux matraquages suivis des sentences d'exils qui accompagnaient toujours leurs rares rébellions. Ils se taisaient et se réunissaient en de très courtes processions, interdites par le régime tout comme pas la religion en vigueur, destinées à honorer leurs disparus, et surtout dans l'optique de commencer à faire le deuil de ceux qui avaient été pris. Personne ne se faisaient jamais d'illusions sur ce qu'il leur arrivait. Tout le monde avait appris à faire avec.

Marvek avait tout vu. Il avait tout regardé de ses yeux clairs, et n'avait pourtant pas craché sur cette épouvantable façon de traiter les gens. Cela faisait déjà bien longtemps qu'il n'avait plus l'âme révolutionnaire, cela faisait tout aussi longtemps qu'il avait ravalé ses ambitions en matière de paix pour sombrer dans un pessimisme qui frôlait la misanthropie. Il s'était enfermé dans son propre petit univers dont il régissait la moindre des lois sans se sentir perturbé par ce que le monde qui l'entourait pensait. Il avait joué finement sur de nombreux tableaux, s'était immiscé là où l'on n'avait jamais vu de migrants s'installer, et s'était finalement rendu indispensable. Une figure étrange dans un tirage de cartes d'ordinaires faussés. Il avait tout vu, tout entendu, assisté à la barbarie sans lever le petit doigt, et s'était contenté d'attendre que la tempête passe. Il savait, comme beaucoup d'autres, que de toute façon rien ne pouvait arrêter leurs actes de tyrannie. Eux, après tout, étaient chez eux. Les immigrants, eux, ne l'étaient pas vraiment. C'était peut être discutable du point de vu éthique des choses, mais il n'en restait pas moins que les choses étaient ainsi faites, que les lois avaient été façonné pour que ce fossé sociétale continue d'exister.

Pourtant ce jour là, le jour de la rafle, Marvek avait été ébranlé par une toute petite chose, comme une impression étrange d'avoir été floué, puis roulé dans la farine. Il avait longtemps eu des doutes, ils avaient persisté jusqu'à ce qu'il baisse les bras en se disant que ce n'était que le fruit d'une imagination par bien des fois trop fertiles... Seulement ce jour là, dans la foule d'hommes de main du gouvernement, il l'avait reconnu. Il l'avait suivi des yeux, s'était dit une nouvelle fois que cela ne pouvait être possible, et comme dans un acte proche de la folie, il était passé au travers de la foule réunit pour se rapprocher de cette infernale Aphrodite qui le hantait pour mieux le blesser. Sa longiligne silhouette s'était frayé un chemin dans la marée humaine, et dans cette espèce d'inconscience qui menait le moindre de ses actes, soudainement irréfléchis, il s'était mis en première ligne. Sa curiosité avait été accueilli par un pénible coup de crosse qui lui avait ouvert l'arcade en une douloureuse estafilade dont le sang s'échappait à vifs flots. Les yeux pleins de sang, le cœur exsangue, il l'avait vu s'éloigner, emportant avec elle les derniers doutes qu'il s'était permis.

Elle était là. Elle était vivante. Elle n'était plus la petite fille qu'il avait connu, pas plus qu'elle n'était l'adolescente qu'il avait continué d'aimer malgré leur éloignement, elle faisait désormais parti de ces chiens qu'il haïssait. Elle se faisait fratricide, offrant la mort en guise de salut à tous ceux qui avaient un jour fait parti de son univers. Il se sentait blessé, rejeté, et pire que ça trahit par celle qui l'avait toujours hanté, néanmoins il ne pouvait que se dire qu'il ne s'agissait là que de pure justice. Il avait été le premier à partir. Il avait été le premier à l'abandonner, revenant trop tard pour la sauver. Étrange retournement de situation. Douloureuse prise de conscience pour celui qui se voulait être distant de toutes les histoires et de toutes les peines.

La rafle s'était terminée. Les gens avaient pleuré leur disparu avant de rentrer dans leur semblant de demeure, le laissant seul et aux prises avec ses propres réflexions. Le fil de ses pensées avait été comme parasité par cette image qui se rejouait sans cesse comme l'aurait fait la mélodie d'un disque rayé. L'image l'avait obsédé jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, et son esprit maladivement obsessionnelle avait alors laissé les engrenages d'une machinerie bien huilée se mettre en place. Il avait ourdi maints complots visant à la retrouver, et cela avait été un travaille de longue haleine où il avait fait appel à toutes les ficelles qu'il avait à sa disposition. Usant et abusant de tous ceux qui lui devaient au moins un service pour arriver jusqu'à elle, pour la faire venir jusqu'à lui.

Il n'avait pas eu tous les tenants et les aboutissants de ce qui avait conduit à l'obtention de ces informations, mais n'en restait-il pas moins qu'il en avait obtenu assez pour se retrouver dans cette rue des hautes sphères. Il avait le visage presque totalement enveloppé de bandages ensanglantés, son arcade sourcilière pas encore complètement refermée avait de nouveau fait les frais d'une violence innée pour servir ses intérêts. Il était là, jouant le rôle de ce qu'il ne serait jamais : un simple citoyen. Il s'était défait de ses frusques de pauvre petit migrant, de trafiquant par trop de fois utile, pour incarner l'être violemment touché en plein cœur qu'il s'était évertué à ne plus jamais être. Elle avait fait remonter en lui trop de violence, trop de douleur, et la place vide de son cœur c'était remise suinter d'un sang putride qui transportait encore l'amertume de son existence meurtrie.

Fantôme d'une vie passée, il l'attendait, et alors que sa silhouette ronde de féminité se détachait des hauts bâtiments, il se mettait sur son chemin, méconnaissable. « Aidez moi ! », lui lançait-il d'une voix rauque et implorante. « A l'aide ! » répétait-il dans une sidérante supplique tout en se tenant le crâne dans une douleur feinte. Vaste supercherie destinée à lui faire endurer cette même douleur qu'elle avait éveillé en lui.
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MessageSujet: Re: Your hurt my soul // Svey   Mar 13 Jan - 21:22


You hurt my soul.
Love me. Again. I never forget you.

Une journée comme les autres. Une nouvelle journée à jouer à ce rôle si plaisant qui était finalement devenu sien. Allongée dans ce lit glacé, elle repensait encore à la dernière rafle. Avant, l'enfant qu'elle était serait restée cachée dans les jupes de sa mère, puis, elle serait venue en première ligne. Parce que finalement, c'était toujours ceux qui empestaient la peur qui étaient pris. Mais, maintenant, la scientifique était devenue le loup, dévorant sans aucune pitié ces êtres qui furent ses frères il y avait tant d'années. Qu'avaient-ils faits quand sa mère était partie ? Rien. Ils avaient tous laissés les coups pleuvoir comme lors d'une longue journée de tempête. Et puis, lui non plus n'avait rien fait, il était partit sans se retourner pour faire sa révolution qu'il n'a même pas finis. L'avait-il seulement entamé ? Sveyta s'en fichait bien maintenant. Elle avait eu le cœur brisé et la blessure l'avait rendu mort. Elle n'éprouvait plus rien hormis l'envie de devenir quelqu'un, de tout connaître, cette dévorante et grisante sensation d'être importante était devenue sa drogue. Mais, la scientifique le savait, elle n'était rien de plus qu'un pion sur un échiquier géant. Peut être un jour serait-elle plus que cela. Une tour ? Le cavalier ? Ou même le fou.

Lentement, son corps froissant les draps usés du lit, elle se mouva jusqu'au bord. Ses muscles étaient endoloris mais avec une grâce qui lui était propre, princesse de Pique, elle se leva, totalement nue pour aller dans la salle de bain. Une toilette de chat, un peu de parfum, un tailleur simple noir accompagné d'une chemise blanche, elle se préparait méticuleusement à sa journée de travail. Des escarpins qui avaient connus bien des pas, à ses pieds puis elle se dirigea vers la chambre de son époux. Un baiser sur son front, un sourire énigmatique. Pauvre homme devenu prisonnier de son propre corps. Sans doute la pire des peines. Elle prit son sac et au moment de sortir, la jeune femme se stoppa, la main crispée sur la poignée froide et austère, les jointures blanchies. Pourquoi cette rafle là la hantait tellement ? Les visages des enfants en pleurs, les mères serrant leur petits contre leur cœur... Non, ils n'étaient plus siens. Ils ne l'avaient jamais été sans doute. Sveyta était seule et jusqu'à son véritable prénom avait été effacé de la mémoire de tous. Sauf de lui... l'espérait-elle quelque part. Mais, son âme était tellement blessée et déchirée que même si elle le voyait un jour dans la rue, la jeune scientifique n'irait pas vers lui. Elle s'était construit une belle vie faite sur une base solide d'un mensonge identitaire.

Doucement, son cœur se calma, ses battements ralentirent enfin et sa main se détendit. Elle ouvrit la poignée, soufflant de soulagement en sentant le vent qui caressait son visage avec tendresse. La jeune femme partit finalement de son logement, laissant son époux avec une infirmière personnelle sans aucun regret. Même pas une once de culpabilité. Il n'était rien qu'une carte d'identité pour elle. C'était tellement froid ce qu'elle pouvait ressentir pour lui. Au mieux de la gratitude pour son savoir transmis, au pire, une totale indifférence. Il n'était pas comme les autres hommes à ne vouloir que son corps. Lui, il la voulait toute entière, son cœur et son amour. Mais Sveyta était incapable de cela. Son cœur, elle l'avait déjà donné et il était mort. Réduit en poussière. La ruelle était déserte à cette heure et personne ne pouvait voir dans ses magnifiques yeux le doute qui coulait dans ses veines. Pourquoi n'arrivait-elle pas à l'oublier lui ? C'était comme si toute sa vie se résumait à ça. Elle soupira, laissant de la fumée sortir de ses lèvres fines. Dans son tailleur noir, elle avait fière allure. Personne n'aurait pu dire qu'elle était une fille d'immigrant qui avait payé pour changer d'identité, puis séduit un scientifique, épouser ce dernier avant de le rendre en incapacité de bouger.

Un mouvement, un souffle inhabituel fit tiquer Sveyta. Un inconnu, visiblement un citoyen en piteux état se tenait devant elle, des bandages ensanglantés recouvrant son visage, le rendant méconnaissable mais ces yeux... Non. Impossible ! La jeune femme l'observa un moment, ayant stopper ses pas par surprise d'avoir revu cet azure si caractéristique. Elle se reprit bien vite, soupirant en faisant mine d'être agacée.  « Désolée, je ne peux vous aider. Allez dans un dispensaire. D'où venez vous ? » Mais ces yeux... C'était forcément lui. C'était impossible autrement. Elle devait voir son visage, être sur de son ressentit. Peut être que son cœur espérait cela et lui montrait une idiotie inventée pour calmer sa douleur dans sa poitrine. Elle tendit la main vers les bandages, voulant les retirer pour examiner la ou les plaies et aussi savoir... Elle voulait savoir ! C'était vital pour elle... Et si...

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MessageSujet: Re: Your hurt my soul // Svey   Mer 14 Jan - 2:43

Sveyta & Marvek


Des souvenirs qu'il avait d'elle, il ne restait qu'une enfant. Les rires enfantins qui s'élevaient dans leurs jeux et leurs gamineries étaient inscrits dans sa mémoire comme gravé dans le marbre, brûlé à vif dans sa chair. Il s'était parfois étonné de les entendre, encore, au travers de ces longs instants de silences dans lesquels il inscrivait le processus de ses nombreuses réflexions. Il avait fini par s'y faire, et surtout par ne plus regarder par dessus son épaule comme pour s'assurer qu'il était bien seul. Ces deux enfants n'existaient désormais plus. Leur amourette elle-même était le fruit d'un passé qu'il ne voulait pas oublier mais qu'il ne voulait pourtant pas revivre. Ces souvenirs se bousculaient dans sa tête, se plantaient d'avantage dans sa chair comme mille et un couteaux qu'on aurait eu à cœur de lui enfoncer jusqu'à leur garde, faisant couler autant de rage et de peine que de sang.

Seulement, la petite fille d’antan n'avait plus rien d'innocent, et même la pâleur naguère salie de sa peau avait perdu de sa candeur, néanmoins sa beauté le saisissait toujours autant. Elle était belle, même peut être plus que ce qu'elle avait jamais été, mais c'était un beauté froide, une de ces beautés faites de papiers glacés et dont le regard était plein de cette terrible indifférence qui la rendait d'autant plus glaciale. Elle était belle, magnifique même, mais elle n'avait plus rien de l'enfant qu'il avait aimé durant ses jeunes années, elle avait désormais ce port de reine, cette tenue pleine de richesses dont les migrants ne toucheraient jamais les tissus même pour s'atteler à la confection dans les ateliers, et elle avait cette toute nouvelle éducation qui la menait désormais bien loin des rues du ghetto. Tout était si différent que durant le temps d'un instant il avait douté de ses propres capacités, il s'était dit  durant à peine quelques secondes qu'il y avait erreur sur la personne et qu'il ferait mieux de se retirer sur le champ, mais ce geste qu'elle avait eu en s'avançant vers lui l'avait fait revenir sur son renoncement.

Enrubannée dans ses bandages, il l'avait regardé avancer sa main vers lui, il était resté stoïque tout en la voyant chercher à lui arracher ce masque de fortune. Et il s'était recroquevillé sur lui comme l'aurait fait instinctivement une victime traumatisée, cherchant à éviter cette main qui était lourde de menaces pour toutes immigrants qui avait « la chance » de vivre sous ce dôme. « Pitié. Aidez moi. », rajoutait-il d'une voix geignarde qu'il n'avait que trop souvent entendu dans les rues de la ville basse, copie conforme de cette capacité qu'avait certain à éveiller la pitié chez les autres, puis il se laissait choir sur son séant, simulant la perte de tonus dans les muscles, le manque de force. « Je souffre. Ayez pitié d'un homme qui vient du même endroit que vous. », soufflait-il dans un rictus de douleur qui lui tordait la bouche alors qu'il enfonçait son regard d'acier dans ses yeux lapis-lazuli.

Il se serait amusé longtemps à se laisser aller à cette supercherie, il l'aurait mené aussi loin que possible si un rire gutturale ne lui avait pas traversé la gorge sans pouvoir le retenir. D'un geste vif, il avait attrapé la manche de son tailleur noir et chic pour la forcer à se baisser à son niveau, il l'avait forcé à s'abaisser elle qui semblait si bien encrée dans sa nouvelle petite vie de bourgeoise. Il lui montrait avec soin et indocilité qu'il n'était pas encore venu le temps où toutes les traces de son ancienne vie serait effacé à jamais, il y avait encore dans sa gorge le nom qu'il prononçait enfant, mais il se retint de le prononcer alors qu'il faisait taire son rire aux allures démentes.

Le sang coulant encore de son front, tâchait toujours les bandages malpropres qui lui ornaient la tête comme une infâme couronne, et il pouvait le sentir se coagulait dans une sensation assez désagréable. Néanmoins, il se fichait bien de tout cela, il se fichait bien du regard que lui portaient désormais les quelques vigies qui observaient la scène, la matraque à la main, prompte à agir s'ils se rendaient compte que leur si précieuse Sveyta Màcovers se trouvait être en danger. Seulement, qu'en serait-il s'ils se rendaient compte que celle-ci n'était pas ce qu'elle prétendait être ? Seraient-ils toujours aussi prompte à la défendre ou la feraient il tomber de son si beau piédestal pour la précipiter dans le vide d'une vie qui aurait dû être la sienne ? La curiosité était mordante, terriblement attrayante et séduisante. « Criez donc madame Màcovers, criez votre terreur que je puisse profiter de cet instant qui précédera votre chute. », rajoutait-il en tirant un peu plus sur sa manche pour continuer à susurrer ses quelques mots tout contre sa joue alors que les gardes amorçaient leur avance vers ce curieux échanges qui se déroulaient sous leurs yeux. « Crie donc Ana. »
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MessageSujet: Re: Your hurt my soul // Svey   Mer 14 Jan - 20:54


You hurt my soul.
Love me. Again. I never forget you.

Quel citoyen collant ! La femme allait l'envoyer balader quand il continuait à installer. Un vigie semblait s'intéresser de la situation. En effet, on ne touche pas à un membre de la haute société surtout lorsque l'on est une personne lambda sans la moindre importance. C'était la vie dans le dôme. Mieux vallait être du bon côté si on voulait vivre en toute sécurité et être respecter de ses pairs. Les immigrants étaient du bétail, les citoyens de la main d'oeuvre bon marché, l'Animus, une religion inutile et les Hights étaient l'élite de la nation. C'était pour cela que Svey n'était jamais rentrée dans les ordres, qu'elle avait tout fait pour entrer dans cette catégorie et pas une autre. Mais cet homme semblait avoir réellement besoin d'aide. Peut être que la ressemblance avec cet être directement sortit de son histoire. Jusqu'à ce nom. Ce prénom que tous avaient oubliés sauf lui. Elle en était sur, c'était Marvek.

Son passé lui sautait à la gorge, comme un loup attaquant une proie pour se nourrir. Sveyta savait que cela aurait fini par arriver. Trop tôt à son goût et surtout pas avec la bonne personne. Elle n'aurait jamais pensé le revoir, ici et maintenant. Toute la vie qu'elle s'était inventée semblait voler en éclat comme une vitre brisée par une explosion. Et son explosion c'était le seul homme que la demoiselle ait réussis à aimer. Le seul qui, enfant, était venu la protéger un temps avant de fuir et de la laisser seule entre les griffes d'un père trop aimant ou trop fou pour se rendre compte du mal qu'il faisait à son enfant. Elle avait l'impression de ressentir à nouveau les coups et les attouchements de cet être haïssable. La scientifique sentait la vague de froid qui succédait au sentiment de peur. Il fallait qu'elle fasse quelque chose pour protéger sa précaire situation. Personne ne devait savoir qui elle était réellement.

Cette voix... Plus cassée et mâture qu'avant, plus sûr d'elle et tellement plus sensuelle. Malgré le lieu, la peur et la surprise, Sveyta ne pouvait s'empêcher de la trouver sexy. Les seuls mots qui sortirent de la bouche de la scientifique furent rapide et tranchants comme un poignard.  « Ana est morte quand Marvek est partit faire sa révolution. » Même plus la réflexion de savoir comment garder le secret, juste la haine si fine qui séparait ce sentiment de l'amour. La dame fit un signe de tête au milicien qui se contenta de rester à quelques pas, prêt à agir au moindre signal de la femme. Elle attrapa le poignet attaché à sa manche et le tira vivement. Malgré sa carrure peu musclée, elle détenait une force relativement étonnante. Surtout en cet instant de panique presque mais surtout de haine. Elle voulait lui cracher au visage tout ce que l'enfant n'avait pas pu lui dire, tout ce que la fillette avait espérer avoir sans jamais l'obtenir. Elle attira l'homme contre elle et fit semblant de le porter jusque dans le bâtiment, saluant le garde étonné de ce couple étrange. Sans se retourner la scientifique alla jusque son bureau et les enferma à double tour. « Que veux-tu ? Je pensais que tu étais mort. »

Pourquoi n'arrivait-elle pas à le détester même du tréfonds de son âme, Sveyta ne faisait que l'aimer et le savoir juste devant elle, son cœur semblait se réchauffer, recommencer à battre, à éprouver des sentiments comme s'il n'était jamais mort, comme si c'était hier qu'il était partit faire sa stupide révolution. Comme si... Elle inspira profondément et entreprit de défaire le bandage sale pour examiner la plaie qui saignait encore, espérant que Marvek se tiendrait tranquille le temps des soins. Son visage semblait s'adoucir lentement à chaque fois qu'elle le regardait, qu'elle plongeait à nouveau dans ses yeux. Une étrange envie de pleurer arriva dans sa gorge mais... Elle n'avait plus de larme à verser, elle était aussi sèche que du bois. La plaie était peu profonde, Sveyta prit de quoi la désinfecter et tapota l'endroit avec un chiffon propre et imbibé. Elle se fichait de savoir si cela allait lui faire mal, elle était dans un état second. Entre espoir et désespoir. Entre amour et haine. Mais... C'était Marvek après tout... Non, elle devait le haïr pour protéger sa vie qu'elle aimait tant, son secret ! Mais son cœur se manifestait à nouveau...

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MessageSujet: Re: Your hurt my soul // Svey   Jeu 15 Jan - 17:14

Sveyta & Marvek


C'était un jeu. Un jeu d'une violence inouïe où se mêlaient autant de regrets que de douces rêveries du temps jadis. C'était douloureux, mais pas de ces douleurs que l'on pouvait calmer avec un peu d'alcool et quelques calmants, c'était bien plus insidieux et sournois, c'était de ces choses qui ne s'effaçait jamais vraiment et restait toujours encré dans sa chaire comme un tatouage indélébile. Il la sentait partout sur lui comme un million de vipères qui ramperait aussi bien sur sa peau qu'en dessous, il la sentait se faufiler jusqu'au trou béant qui avait jadis accueilli son cœur pour y prendre sa place. Elles se battaient entre elles, s'entre-déchiraient comme pour savoir qui de la haine ou de la rage réussirait à prendre le pas sur l'autre. Cette funeste indécision faisait naître au creux de ses reins un frisson de profond dégoût pour cette femme à qui il faisait face.

Elle avait raison. Ana était morte. Elle n'existait plus depuis longtemps, depuis qu'elle avait renié ce qu'elle avait toujours été pour devenir une de ces femmes capables de ce vendre corps et âmes pour un peu de pouvoir. Il aurait dû le comprendre à défaut de l'accepter, il aurait dû l'avaler à défaut de le digérer, mais tout cela le rendait un peu plus malade, un peu plus fou même. Il se perdait d'avantage dans ses manigances à mesure qu'il tirait sur sa manche et qu'elle cherchait à s'en dégager. Il lâchait prise alors qu'elle se défaisait de son emprise, il retombait en arrière lourdement, comme abattu d'une flèche en pleine poitrine, soudainement vidé de toutes ses forces alors qu'il endossait de nouveau les frusques de son rôle.

Blessé il l'était. Blessé il l'avait toujours été et meurtri il commençait tout juste à l'être, ressentant désormais comme les réminiscences d'une douleur passée. Impossible à effacer. Impossible à oublier. Elle lui était imposée par l'image de cette femme devenue froide, implacable, presque trop imparfaite au regard des souvenirs qu'il en avait. Docile face au regard des gardes qui s'avançaient dangereusement vers eux, il se laissait faire, devenant le fardeau de ces gens qui auraient un jour dû jurer aide et secours aux autres. Devenant le fardeau de cette femme qui avait tout abandonné pour devenir ce qu'il avait toujours exécré. Leur passé était désormais révolu, tous deux le savaient.

Le pas chancelant, presque traînant, il mimait presque à la perfection la figure du blessé désorienté, se faisant soutenir par un médecin bienveillant. Un jeu. Une manipulation. Une stratégie bien établie. Ça n'avait rien de sincère, et rien ne venait vraiment du cœur chez elle, pas plus que chez lui. Ils étaient devenus si arides, l'un comme l'autre, qu'il n'y avait jamais plus que l’effroi de se faire découvrir pour elle, et la rage de s'être ainsi vu évincer, effacer, enterrer par celle qu'il avait un jour aimé au point de vouloir en changer le monde pour elle. Elle n'avait peut être pas imaginé ce qu'avait été sa vie, elle se figurait peut être que tout avait rose pour lui pour la bonne et simple raison que sa vie à elle avait été des plus sombres. Elle se trompait. Elle se trompait lourdement.

Là, dans ce bureau froid et d'une modernité somme toute relative au vu des installations du dômes, il se défaisait de son travestissement, se redressait pour se défaire de ce handicap qu'il avait endossé pour le bien de la manœuvre. Il se délassait en étirant sa colonne vertébrale, faisant montre de toute la hauteur dont il était capable avant de s'asseoir avec une certaine nonchalance sur le bord de son bureau. Il la regardait entre les bandages qui lui enserraient la tête, il scrutait le moindre de ses mouvements alors qu'elle refermait la porte derrière eux. Dans ce bureau, elle semblait à sa place, dans sa nouvelle vie elle semblait parfaitement bien intégrée, mais lui n'arrivait pas à se défaire de l'idée qu'elle n'y était qu'un mensonge de plus. Rien qu'un mouchoir posé sur son passé, rien qu'un voile déposé pour mieux oublier.

Quand elle supposa qu'il était mort, il ne pu s'empêcher de ricaner. Un petit rire, bref, venu de l’intérieur de sa gorge. Profondément grave et guttural, démonstratif de cette blessure qu'elle rouvrait à force de sa proximité. Il levait ses yeux clairs sur elle, il les savait dur, froid, d'une rigidité hors-normes. « C'est terriblement ironique comme situation, n'est ce pas Ana ? », il appuyait sur son nom comme pour lui assénait un coup, mais au lieu de cela c'était elle qui lui faisait mal en tamponnant sur son arcade fissurée le produit désinfectant dont il ne connaissait pas la teneur. « Figure toi, que je t'ai aussi pensé morte, et je le pensais encore jusqu'à ce que tu daignes te montrer dans tes anciens quartiers. », il poussait un soupir empreint de ses rires jadis affables et lui attrapait cette main qu'elle agitait sous ses yeux dans de chiennes caresses.

Il l'attirait à lui sans la moindre douceur, enserrant ses longs doigts fins autour de son poignet jusqu'à lui faire mal, il voulait l'entendre gémir de douleur autant que la voir grimacer d'incertitudes.  Il voulait qu'elle puisse voir son image se refléter dans ses prunelles gris aciers, et qu'elle ne se sente plus jamais en sécurité.  « Dis-mois, qu'est ce que ça te fait de retirer leurs enfants à ces gens ? Penses-tu à ton père pour te donner bonne conscience ? Ou penses-tu à mes parents qui sont morts pour le plaisir de ceux dont tu as embrassé la cause ? », il tirait un peu plus sur son bras, la forçant à pénétrer un peu plus dans ce cercle d'intimité qui n'était désormais plus qu'un vaste champ de ruines. Il pouvait sentir son souffle, tout comme elle pouvait sentir le sien sur sa peau, et instinctivement il se mordait la lèvre comme pour cacher ce plaisir non dissimulé qui l'envahissait. Marvek était ainsi, c'était un dominateur, un joueur, et par-dessus tout il était un homme profondément blessé. Jamais créature n'était aussi dangereuse que dans son agonie. Pourtant il la relâchait sans pour autant se départir de ce sourire agaçant qui lui barrait le visage. « Je suis sincèrement navré pour ton époux. », finissait-t-il par lâcher avec cynisme tout en la laissant reprendre ce qu'elle avait entrepris.

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MessageSujet: Re: Your hurt my soul // Svey   Jeu 15 Jan - 18:48


You hurt my soul.
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Tous ces souvenirs qui se pressaient dans sa tête, lui rappelant tant de souvenirs oubliés ou scellés dans son cœur. La jeune femme voyait Marvek en train de lui courir après, de la consoler parce qu'elle était tombée, de soigner les plaies qu'elle se faisait et de lui apprendre à lasser ses chaussures. C'était une époque qui était heureuse et qui, malgré tout, était chère au cœur de Sveyta. Elle ne pouvait cesser de chérir ces seuls souvenirs heureux même si elle avait tenté de les effacer. C'était peine perdue, et voir ainsi le seul homme qu'elle ait jamais aimé, lui donnait l'impression d'avoir le cœur une nouvelle fois arraché de sa cage thoracique.

Marvek... Pourquoi s'acharnait-il encore et toujours à la faire tant souffrir ? C'était bien la seule personne à réussir à lui faire mal. Surtout à ce point. C'était des millions de poignards qu'on plantait dans sa peau, dans son cœur tellement elle ressentait de choses pour cet être incapable de la protéger jadis. Alors, elle avait grandit, elle avait arrêté de l'attendre, le nez devant la fenêtre pour se décider à se débrouiller elles-mêmes. La scientifique regrettait ce temps de l'insouciance parfois mais à chaque fois, elle trouvait une nouvelle façon de s'occuper l'esprit et se soulager l'âme. Cela lui arracha un soupire qu'elle cacha en fermant la porte de son bureau lentement, tentant de garder contenance devant celui qui avait tout fait basculer. Le rire qui suivit ses paroles lui firent arquer un sourire, elle ne voyait pas ce qu'il y avait d'autres. Ses yeux reflétaient tellement les siens que cela la perturba un instant. Ils étaient tous deux blessés au plus profond. « Ironique n'est pas le mot que j'aurais employé. Mais il n'est pas loin de la vérité, Marvek. Ils ne sont plus mes quartiers depuis près de trente ans. » Depuis que tu m'avais abandonnée. C'était ce qu'elle pensait réellement mais elle n'avait pas la force de le dire. Elle ne l'avait plus, cette force d'exprimer ses réels sentiments envers les gens.

Sveyta ne recula pas, se contentant de lâcher le chiffon devant la douleur qu'il lui faisait au poignet, c'était comme une montée d'adrénaline en elle, une envie de le frapper également, de lui montrer combien elle avait pleurer, combien elle avait espérer et combien elle s'était résignée. Sa question, au lieu de lui faire éprouver du regret ou des remords la fit rire. Un rire de démence ou plutôt un rire de désespérée. « Bonne conscience, tes parents ou les miens, cela n'a rien à voir avec eux. Je fais ça pour la science. C'est tout ce qu'il me reste maintenant. Tu dois me trouver bien loin de tes idéaux maintenant mais la réalité est là. Je ne crois plus en l'humanité, en ta révolution qui ne viendra jamais. J'ai vendue mon âme depuis longtemps parce que personne n'aurait rien fait pour moi et que je ne souhaitais pas finir comme ma mère. » Mais elle savait, elle savait que c'était aussi pour se venger de lui, de cet homme qui pensait que la douleur de son poignet était la seule qu'elle éprouvait alors qu'en vérité, elle le sentait à peine. Bien sur, sa peau d’albâtre serait méchamment marquée par ces doigts forts mais elle s'en fichait. Son cœur saignait encore plus qu'avant, comme si elle était revenue tant d'années en arrière, comme si tous les efforts qu'elle avait fait pour enterrer ses sentiments avaient été vains.

 « Je suis sur qu'il sera ravis de l'honnêteté de tes paroles. » Ses mots étaient froids. Comme les autres en vérité mais là, il n'y avait pas d'animosité, rien d'autre qu'une constatation. Elle examina la plaie au front de Marvek, alla chercher une aiguille et du fil puis, après un bref examen de son propre poignet, histoire de voir si elle avait toujours la main sur, elle s'avança pour le recoudre. « Inutile de dire que c'est nécessaire et que si tu bouges, je te crève un œil. » Pourquoi ne pouvait-elle s'empêcher de vouloir le soigner, de prendre soin de lui malgré tout ce qu'il représentait. Malgré le fait qu'il allait mettre fin à la vie qu'elle s'était acharnée à obtenir ? Elle n'était réellement qu'une idiote. Mais... C'était lui, justement, c'était lui...

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