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 Lies ▲ William

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Invité

MessageSujet: Lies ▲ William   Jeu 22 Jan - 21:05




''Ask me no questions, and I'll tell you no lies''
Health Control - 2231



Patient numéro neuf. Sarangerel Jiang. Groupe deux. Intitulé : 'maladies psychiatriques'.
Cela faisait maintenant quelques années que la mère de William avait été intégrée à ce groupe. J'avais alors assuré à William qu'elle serait bien traitée et qu'elle y recevrait les meilleurs soins. Et si sur le papier ce groupe recevait des traitements approuvés, dans les faits, il en était tout autrement. J'avais convaincu William que sa mère serait entre de bonnes mains, mais en réalité, et sans le savoir, il l'avait laissé à la merci de nombreuses d'expérimentations.
Ce n'était ni par cruauté, ni par barbarie, mais je savais que la science n'apportait des réponses que si l'on lui amenait des questions. Et Sarangerel était une magnifique interrogation. Son cas m'avait immédiatement interpellé et j'avais oeuvré avec conviction pour qu'elle fasse partie de mes patients.

Depuis quelques semaines, Sarangerel bénéficiait d'une médication toute particulière qui n'était pas sans effet secondaire. J'avais eu vent de ses plaintes à quelques autres patients mais aussi tout particulièrement à William. Même si ses dires étaient relativement mis en doute par sa fragilité mentale, je savais que son fils ne pouvait complètement évincer ce qu'elle lui confiait. J'avais par ailleurs augmenter les doses d'un calmant à base de plante afin qu'elle pose moins de problèmes.
Ce n'était pas une vieille femme délirante qui allait remettre en cause tout mon travail..! J'avais tenté de convaincre William par quelques messages subliminaux que l'état "délirant" de sa mère était seulement dû à de nouveaux médicaments mais je l'avais senti sur la défensive.

Je connaissais William depuis déjà plusieurs années. Nous fréquentions le même monde : celui de la belle cage en or des Hight Grounds. Et les circonstances nous avaient poussé à nous rencontrer plusieurs fois. J'avais d'ailleurs partagé mon lit avec lui à de nombreuses reprises. J'appréciais sa compagnie et je ne crachais pas sur un peu de chaleur humaine par ces temps. Notre relation ne laissait pas vraiment de place pour les sentiments. La plupart du temps, nous laissions nos émotions de côté, préférant le plaisir charnel aux belles paroles. Cependant, il semblait qu'aujourd'hui, nous ayons à parler.

Assise derrière mon bureau, en train de feuilleter de vieux dossiers, je fus tirée de ma rêverie par la grande porte qui s'ouvrit précipitamment. William se tenait là.

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Invité

MessageSujet: Re: Lies ▲ William   Mar 27 Jan - 5:03

« Je t’en prie Wei Li… fais-la cesser… fais-la taire…! » gémit-elle, la voix rauque, ébréchée; le sommeil enroue sa gorge et les draps se froissent alors qu’elle se retourne brusquement. Or l’éveil ne vient guère et elle retourne à ses murmures barbares, trop souvent dénués de sens, où le mandarin et l’anglais s’entremêlent et se conjuguent maladroitement. Le fils observe, à l’écart, la torpeur agitée de sa génitrice. Depuis le départ du paternel, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, torturée, pestiférée par la rancune et la culpabilité qui lui rongent le cerveau. L’âme.
La thérapie aurait dû l’aider mais William n’observe que le statu quo, un marasme psychologique qui les embourbe, elle, lui et tous ceux qui ont le malheur de les côtoyer. Les soins que proposait la Dr Komàr semblaient prometteurs au moment où elle les lui avait mentionnés – des thérapies diverses, en groupe ou en tête à tête avec sa patiente, qui permettraient d’en savoir plus sur le mal qui la sclérose.

Il n’a aucune raison de refuser, de s’opposer; la physicienne se vante – et est vantée – d’être la meilleure d’entre tous. Un exemple; une prophétesse. Et ils n’en sont pas à leur première tractation, même si elle n’est guère de la même nature. Les médicaments auront des effets secondaires, l’avait prévenu la femme entre deux caresses voluptueuses, déplacées même. Son état mental sera plus fragile. Il l’avait écoutée d’une oreille désintéressée, plus charmé par le galbe de ses hanches et ses lèvres honteusement pourpres. Quel fils il fait. La mère toussote et l’homme lève un regard inquisiteur. Elle n’est guère réveillée, et ses balbutiements énergiques se sont taris. Une femme-enfant aux allures de migrante entre dans l’appartement, un instant surprise par la présence du Chinois. Confuse, elle croit s’être trompé, mais il la rassure d’un geste et sort promptement. Il n’a que peu envie de voir sa mère d’autant plus humiliée que soumise à des cauchemars déchirants.

Ses pas le mènent à la porte du bureau de la scientifique. Il ne connaît l’endroit que trop bien, même s’il ne se souvient pas l’avoir déjà visité de plein jour. Du haut de la tour, elle reçoit de plein fouet les rayons caustiques de l’astre solaire. Une place de choix, autant physiquement que socialement. Au dôme, s’élever dans la hiérarchie signifie trop souvent monter de quelques étages dans la tour qui surplombe la misère du vulgum pecus. Les gonds n’émettent aucun son alors qu’il les pousse – néanmoins, la sylphide le toise déjà, les iris cérulescents posés peu discrètement sur sa personne. « Docteur Komàr », fait-il alors que l’assistant ferme la porte derrière lui. Un instant coule; l’homme fait un pas vers le grand bureau. « Zuzana. » Il n’a guère besoin d’ineptes obséquiosités. Ils n’en sont plus là.

Il s’approche et prend place devant la femme, se laisse choir dans un fauteuil sans lui demander son accord. S’il est entré avec détermination, il ne cache pas son malaise. Il sait que la femme lui reprochera de faire ainsi confiance aux élucubrations d’une femme insane. Or, Sarangerel reste sa mère – ou du moins sa génitrice, faute d’avoir pu faire mieux. « Je n’ai pas envie de te faire perdre ton temps », s’annonce-t-il, « mais ma mère semble désapprouver des traitements qu’elle reçoit. » Il n’a que peu envie de gaspiller quelques précieuses minutes, mais ce n’est que trop peu celles de la chercheuse qui lui importent. Du travail l’attend toujours, mais il fait passer l’intérêt de la patiente d’abord. « Je ne sais pas trop quoi en penser. »
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