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 Redemption ► Cam & Anastasia

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MessageSujet: Redemption ► Cam & Anastasia    Dim 11 Jan - 14:30

Redemption
Cam & Anastasia




Le Dôme. J'entends sa respiration. Il est magnifique. Magistral. Je m'arrête un instant pour l'observer. Le remercier. Je souris. J'aimerai le toucher mais il est trop loin. J'attendrai encore un peu. J'ai a faire maintenant. Je pense qu'il comprendra.


J'avance dans les ruelles du quartier populaire. Elles sont relativement différentes de ce que je connais maintenant. L'Animux Vox a donné une identité aux lieux qui lui sont dédiés. On ressent une cohésion, une force spirituelle. Ici, il n'y a rien de tout ça. Et je suis légèrement déstabilisé. J'ai appris à voir le mal où que j'aille. Pour le bien de l'Ordre. Les traîtres et les impies peuvent se cacher partout. Même là où personne ne les soupçonne.


Je regarde le sol. Je n'ai pas envie de me rattacher aux souvenirs que m'évoquent ces lieux. Non. Je ne veux pas. Ils me rappellent une vie d'ignorance. De déni. Une vie dont je n'avais pas trouvé le sens. Maintenant je sais quel chemin je suis. Et je ne regrette rien. Je ne regrette pas ces quinze années de ma vie. Certes, elles ont forgé un bout de moi. Mais ce ne sont pas les années les plus fortes. Les plus importantes à mes yeux. Et je redoute toujours de croiser des personnes qui m'ont connu à cette époque. Je n'ai pas envie de les voir. Je ne les comprends plus.


Cet endroit est chargé de souvenirs. Je me souviens de la fierté de ma mère quand elle a appris mon départ. Je me souviens de cet éclat qui brillait dans ses yeux. Et je me souviens lui avoir dit que je reviendrai. Lui avais-je promis ? J’espère que non. Auquel cas je n'ai pas tenu ma promesse. Sans doute m'en veut-elle un peu. Tous ceux à qui j'étais attaché m'en veulent. Mais ils ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas que rien n'est plus fort que l'Animus Vox. Je ne peux rien pour eux, dans ce cas. Et c'est en partie pour cette raison que je ne reviens que rarement marcher dans ces ruelles. Je suis toujours là par professionnalisme. Jamais par envie.


Je n'ai pas le sentiment d'avoir tant changé durant toutes ces années. Je crois que je suis devenu quelqu'un de meilleur. Rien de plus. Et je compte m'améliorer encore. Je sais que c'est possible. Il me suffit de suivre cette voie que m'a tracé l'Ordre. Et je n'ai que faire des critiques de mes anciennes connaissances. Ils comprendront un jour. Et s'ils continuent à fermer les yeux, alors c'est qu'ils ne sont que des ignorants et des incapables.


Parfois je me demande si je regrette ce temps. Si je regrette ces gens. Mais je crois que je ne regrette rien. Le passé n'est pas quelque chose sur lequel on doit sans cesses se retourner. Il faut aller de l'avant et ignorer ce que l'on nous reproche. Je sais que je n'ai rien fait de mal, et ça me suffit. Je secoue la tête. Je ne suis pas là pour penser. Je tente de chasser de mon esprit toutes ces choses futiles. Ces questionnements incessants. Ces souvenirs impétueux.


***


J'arrive à destination. Une maison simple. Comme les autres. Le luxe n'est pas chose courante par ici. J'ai l'impression de frapper à ma porte. J'ai le sentiment que quand elle s'ouvrira, je verrai la petite femme souriante que fut ma mère. Depuis combien de temps ne l'ai-je pas vu ? 11 ans ? 12 ans ? Je ne sais pas. Certains se contenteront de répondre trop longtemps. Moi, j'ai juste envie de dire je m'en fous. S'en est-elle remise ? Et papa ? Qu'est-il devenu ?


L’amertume pourrait me gagner. Ou bien le regret. Mais je ne ressens rien de tout ça. Je ne me trouve ni abjecte, ni irrespectueux. J'ai agi comme il fallait que je le fasse. C'était nécessaire. L'Ordre avait besoin de moi. Et de penser que j'ai trouvé ma place dans cette société me redonne le sourire. Je sors un papier de ma poche pour vérifier que je ne me suis pas trompé d'adresse. Tout se ressemble ici. Mais je constate que je suis arrivé à bon port. Les souvenirs que j'ai tantôt voulu effacer se sont avérés utiles. Je connais encore le quartier des citoyens. A mon grand regret, peut-être. Ou bien devrai-je considérer cela comme une chance ? Disons oui. Par professionnalisme. C'est plus facile pour les patrouilles. C'est plus rassurant aussi, que de se reprocher des souvenirs indésirables.


Je frappe. Trois coups rapides. Et j'attends. Je sais très bien pourquoi je suis venu. Anastasia Lipinski. C'est pour elle que je suis ici. Enfin pas pour ses beaux yeux. Je m'en fiche de ça. Mais pour ce qu'elle a à me dire. Elle a contribué à la sécurité de notre communauté une fois auparavant et semble ouverte aux paroles de l'Animus Vox. Je vois en elle une collaboratrice de taille et, en ces moments de doutes -qui sont incessants, L'Ordre a toujours peur pour sa sécurité-, je me suis dis que peut-être elle aurait d'autres choses à m'apprendre.


La porte fini par s'ouvrir et la jeune femme apparaît dans le chambranle. Elle est plutôt jolie. Un peu plus âgée que moi. Je la salue d'un signe respectueux de la tête.


Salut Anastasia Dis-je d'une voix neutre.


Je n'ai pas l'habitude d'employer des tons mielleux. Je suis relativement distant. Parfois un peu trop. Je n'aime pas les mondanités. Je préfère aller à l'essentiel. Les bavardages futiles n'ont jamais été ma tasse de thé.


Je peux entrer ? Allons droit au but. Je ne m'attends pas à un refus. La milice de L'Ordre est souvent craint. Et je pense que personne n'a envie de s'interposer à elle. Mais je ne force pas le passage. J'attends la réponse. Sagement. Si elle refuse, j'envisagerai d'agir.




Emi Burton
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Invité

MessageSujet: Re: Redemption ► Cam & Anastasia    Mer 14 Jan - 2:58




Redemption.

ft. Cam Raudell.


Le Dôme est injuste, le Dôme possède ses failles. Mais le Dôme est avant tout la seule option viable au vu de leur situation à tous, au vu des circonstances. Anastasia n’irait jamais critiquer ouvertement les hérétiques, si ce n’est peut-être pour profiter de l’occasion et d’affirmer sa foi, prétendue inébranlable, en présence de quelques membres religieux. Pourtant elle n’irait pas non plus soutenir quelque organisation illégale, se refusant de verser dans les magouilles du genre, trop effrayée par le gouvernement et les conséquences néfastes qui découleraient de tels actes pour oser entreprendre quoi que ce soit. Alors elle restait là, dans un entre-deux dérangeant, incapable tant de faire confiance aux hautes sphères du Dôme qu’aux miséreux anarchistes des bas fonds. Elle demeurait avec ses pensées, ses doutes et ses peurs, incapable de faire la part des choses, peu envieuse de devoir choisir un champ. Car il n’était question de ça : choisir de quel côté de la barrière on se trouvait, choisir si l’on préférait devenir un hors la loi prêt à tout ou un enfoiré sans scrupules qui dédie sa vie au Dôme et aux règles qu’il impose. Elle ne voulait ni de l’un ni de l’autre, n’éprouvant pas le besoin ni l’utilité de se dresser contre ce gouvernement qui restait leur meilleure option, mais supportant de plus en plus difficilement la misère qui incombait aux plus démunis. Elle avait beau fermer les yeux, se complaire dans une solitude qui limitait les liens et les relations qui la pousseraient à prendre officiellement parti, cela devenait compliqué. Si il y a quelques années encore elle aurait pu faire sa commère et balancer aux officiers des environs les agissements contraire aux lois de son voisin, probablement l’aurait-elle fait, dans l’unique but de conserver sa place, d’être bien vu de ceux qui avaient le pouvoir. Aujourd’hui elle hésitait un peu plus, se contentant plutôt de conserver les informations dans un coin de son esprit, prête à les ressortir en cas de danger éminent. C’est ce qu’elle avait fini par faire, une fois, alors qu’un membre de son entourage s’apprêtait à révéler le peu de cas qu’elle faisait de la Dicta du Dôme, ayant toujours plus ou moins craché sur la prétendue connexion qu’entretenait la prêtresse avec le géant de métal. Sachant que cela signait le début d’une descente progressive aux enfers, la méfiance et les punitions les plus primaires menant forcément à une surveillance poussée et des punitions excessives à l’avenir, Anastasia avait pris les devants, faisant condamner sa rivale en première. Depuis elle s’en sortait bien, depuis on l’a laissait tranquille. Pourtant la peur demeurait, s’exprimant par cette boule au creux du ventre, ces cauchemars. Et si encore elle ne s’inquiétait que pour elle… Mais elle se souciait également de ses proches, jugeant d’un mauvais œil les décisions et les risques qu’ils prenaient. Décidément, si le Dôme était le seul endroit sûr, s’il était la seule option, il ne fallait pas craindre de trembler à chaque instant.

Et la surprise, de même que la méfiance et la crainte qui allaient avec, la saisit de nouveau lorsque finalement trois coups se virent offerts à sa porte. Fronçant les sourcils, elle jeta un coup d’œil aux divers couverts dont elle prenait soin depuis plusieurs minutes ainsi étalés sur la table face à elle. Il s’agissait là de la seconde partie de son travail, si elle fournissait le gouvernement et la milice en armes blanche, elle arrondissait également les fins de mois en vendant des ustensiles et des outils à la population. Rien de tranchant, rien qui ressemblerait de près ou de loin à un objet mortel. Encore une fois elle était trop soucieuse de suivre les règles pour se permettre la moindre ambiguïté. Toutefois ce fut d’instinct qu’elle vérifia que rien ne pouvait la compromettre, alors même qu’elle savait que ce n’était pas le cas, avant qu’elle ne se lève et se dirige vers la porte de sa modeste demeure. Force était d’admettre qu’elle détestait les imprévus, synonyme de mauvaises nouvelles à ses yeux, et cette fois ci ne fit pas exception à la règle, la blonde se demandant déjà ce que l’on pouvait bien lui vouloir. Anastasia fut donc surprise sans vraiment l’être en découvrant Cam Raudell face à elle. Haussant un sourcil, ce fut d’instinct qu’elle ouvrit la porte presque en grand, malgré le fait qu’elle faisait bel et bien barrage pour l’empêcher d’entrer à sa guise, désireuse de faire comprendre qu’elle n’avait rien à cacher et qu’il pouvait déjà le vérifier d’un simple coup d’œil. Le signe de tête que lui adresse le soldat sain lui arrache l’ombre d’un sourire, amusée qu’elle était par ce respect glacial qu’il semblait lui témoigner. Neutre, comme d’accoutumé, elle était toutefois bien placée pour savoir que cette distance émotionnelle s’avérait nécessaire lorsque l’on désirait faire appliquer la loi, le sentimentalisme n’étant qu’un obstacle dont beaucoup se passeraient volontiers. Aussi ne juge-t-elle pas ce ton impassible qu’il prend avec elle, se contentant de répondre à sa manière, se permettant une touche d’humour. « Cam Raudell. Quel bon vent radioactif t’amènes ? L’humour s’arrête là toutefois, à peine l’entend-t-elle lui demander l’autorisation de rentrer. L’espace d’un instant elle se demande si le fait qu’il lui demande l’autorisation, plus par politesse qu’autre chose, témoignait du fait qu’elle avait le droit à certains égards. Après tout, s’il lui prenait l’envie de rentrer sans prévenir, il n’avait qu’à trouver un prétexte bidon et s’imposer, il ne craindrait probablement pas grand-chose. Mais ne trouvant pas de réelle réponse à cette question, la jeune femme se contenta d’hausser les épaules avant de s’écarter pour le laisser passer. Je t’en prie. » Et elle referme derrière lui, retenant péniblement un soupir.

Faisant volte-face, elle l’invite à s’asseoir sur l’une des chaises qu’elle possédait, avant de reprendre elle-même sa propre place, s’emparant de quelques couteaux qu’elle se remit à nettoyer avec un morceau de tissu, tentant ainsi de leur donner un aspect élégant. Quoi qu’on en dise, ici, un objet avec une belle apparence semblait signifier un objet de bonne qualité ou neuf. Autant faire bonne impression, des fois que sa réputation en tant que coutelière ne soit pas suffisante. Relevant les yeux vers son interlocuteur dans le même temps, la blonde se justifia rapidement, nonchalante. « Si tu veux t’assurer qu’aucune arme blanche ne se cache dans le lot, je t’en prie. Encore une fois elle n’avait rien à cacher et pour une fois sa tranquillité d’esprit, clairement visible, n’était pas feinte. Encore que, quelque chose la chiffonnait toujours mais elle en vient bien vite à aborder le fond du problème, questionnant franchement le jeune homme qu’elle ne lâchait toujours pas du regard. Ou alors tu peux aussi me dire ce qui t’amènes chez moi. Je te manquais ? » L’ombre d’un sourire naquit sur ses lèvres, à la fois amusé et confiant. Elle imaginait que ce n’était pas pour ses beaux yeux qu’il venait jusqu’ici, mais sous-entendre que cela puisse être le cas lui plaisait bien. Pour avoir potentiellement la paix à l’avenir, autant se rapprocher de lui, la blonde en étant arrivée à cette conclusion il y a de cela un moment désormais. Elle peinait juste encore à savoir si sa façon de se comporter avec lui n’était guidée que par pragmatisme, ou si elle avait finalement réussi à s’attacher quelque peu à Cam. Peu envieuse de se poser ce genre de questions, stériles pour le moment, Anastasia préféra toutefois se concentrer sur lui et la réponse qu’il lui offrirait.
C O D E © W H A T S E R N A M E .

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MessageSujet: Re: Redemption ► Cam & Anastasia    Mer 14 Jan - 17:48

Redemption
Cam & Anastasia




La jeune femme m’accueille sur un ton d'humour, mais je ne prends pas la peine de relever. Je me contente de la fixer de ce regard impénétrable. Celui qui ne révèle rien. La commissure de mes lèvres se soulève doucement quand elle me fait signe d'entrer. Bien. Au moins je n'aurai pas à m'inviter tout seul. Je soulève légèrement mon sourcil droit. Je suis néanmoins étonné qu'un membre de la classe populaire ne soit pas plus curieux que ça avant de laisser pénétrer un soldat de l'Ordre dans son habitat. Je passe le pas de la porte.

Je m'efforce de ne pas poser mon regard sur toutes les choses qui m'entourent. Non seulement je n'ai pas envie de m'immiscer dans la vie privée d'Anastasia. Mais en plus de ça, je ne tiens pas vraiment à réveiller de douloureux souvenirs enfouis dans les tréfonds de mon esprit. La jolie blonde se saisit d'un couteau et passe un chiffon sur la lame. Je ne me sens pas menacé. Je crois que je lui fais confiance. Et, de toute manière, une arme est dissimulée sous ma chemise. Je me sens nu sans elle. J'ai ce besoin irrémédiable de l'emmener où que j'aille. Comme si elle m'offrait un sentiment de sérénité et de sécurité. Je sais que c'est illusoire. Mais j'en ai besoin. Et puis sentir la forme de la lame du poignard contre mon dos me rend plus fort. Comme si le fait de posséder quelque chose de dangereux aidait à se sentir plus puissant.

Je m'assieds sur l'une des chaises qu'elle me présente. Je croise les mains sur la table. Mam' me disait toujours de me tenir droit mais je ne l'écoutais jamais. Je ne l'écoute toujours pas d'ailleurs. Je fixe la jeune femme sans dire un mot. Elle sait très bien que je ne suis pas venu pour jouer aux cartes, boire un thé ou admirer ses beaux yeux – même si je dois reconnaître qu'ils le sont -. Je pense que je peux te faire confiance pour ça. Et puis je doute que tu ai assez de force pour t'en servir de toute manière. Planter une lame dans un corps demandait une certaine aptitude. Et puis une certaine volonté aussi. Ne s'improvise pas délinquant qui veut. Je souris.

Je souris rarement. Mais là, je souris. Anastasia est le genre de fille qu'il m'arrive d'apprécier. Simple. Directe. Et dévouée. A vrai dire, non, pas vraiment. Lui répondè-je. Je me lève et m'approche d'elle. Non pas que j'aime la proximité. Mais je sais que je suis plus impressionnant debout que petit et rabougri, affalé sur une chaise. On m'a enseigné que la posture physique joue beaucoup lorsqu'on désire des informations. J'ai toujours été bon élève. Un peu trop sans doutes. Alors j'applique ce que l'on m'enseigne. 

Je me demandais si tu avais des informations utiles sur les gens du coin. Mon sourire s'est effacé. L'aspect professionnel à repris le dessus. Si tu vois ce que je veux dire. Je soutiens son regard. J'ai appris à le maintenir. J'ai appris à empêcher à mes yeux de fuir le contact visuel, même s'il en devient gênant. Encore un moyen, m'a-ton dit, de se rendre convaincant. Et intimidant.

Quand j'ai fini de parler, je soutiens mon regard quelques secondes encore avant de lâcher prise. Il faut savoir lâcher prise aussi. C'est nécessaire. Je me recule un peu et me retourne. Mon sourire est revenu. Léger. Mais présent.

Si je suis venu ici c'est parce qu'Anastasia a déjà su collaborer avec l'Ordre. Et elle est moins antipathique que tous ces vieux rébus de la sociétés dénonçant à tout va les agissements des compatriotes pour espérer se faire bien voir avant de rendre leur dernier souffle. Enfin j’exagère, ils ne sont pas tous comme ça. Mais tout de même. Je préfère me trouver ici qu'à écouter des tissus parfois mensongers.


Emi Burton
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Invité

MessageSujet: Re: Redemption ► Cam & Anastasia    Mer 21 Jan - 22:13




Redemption.

ft. Cam Raudell.


Entendre son interlocuteur estimer qu’elle était digne de confiance, tout du moins suffisamment pour qu’il ne prenne pas la peine de vérifier l’état et la dangerosité des couteaux exhibés à sa vue, suffit à la rassurer quelque peu bien qu’elle n’en laisse rien paraître. Anastasia craignait régulièrement qu’il ne se mette à douter d’elle, de sa droiture ou de sa foi, tant à cause de ce qui a pu être dit dans le passé que ce qui pourrait être dit aujourd’hui encore. On ne pouvait jamais savoir, la coutelière estimait qu’une personne démunie serait capable de raconter les pires mensonges si on le lui demandait en échange d’un repas chaud par exemple, aussi ne serait-elle guère surprise d’apprendre qu’un jour on l’accuse de faits imaginaires. Guère surprise, certes, mais elle n’était pas pour autant pressée de vérifier ses hypothèses. Cependant, si le protecteur de l’ordre concède qu’il peut lui faire confiance, il avoue également ne pas la craindre : elle n’aurait pas assez de force pour se servir de ces lames. Cette fois ci, la blonde ne peut s’empêcher de tiquer, s’interrompant dans ses mouvements et ancrant son regard de glace dans celui de son interlocuteur. Elle admettait volontiers qu’il n’était pas si aisé de tuer, il fallait probablement de la volonté, un certain courage teinté de désespoir, pour oser franchir une telle limite. Elle-même ne se voyait pas blesser qui que ce soit, physiquement du moins, de façon volontaire, n’éprouvant pas le besoin d’alourdir sa conscience avec quelques images sanglantes supplémentaires. Cependant, de là à estimer qu’elle serait incapable d’un tel acte juste à cause d’une histoire de force… Cela lui semblait quelque peu naïf. Elle n’était après tout pas obligée de transpercer la chair pour arriver à ses fins, sachant ses lames suffisamment tranchantes pour se contenter d’égorger quelqu’un, taillant les veines de manière plus ou moins subtile. Et puis en usant férocement de ses deux mains, peut-être pourrait-elle… Stop. Inutile d’y penser, elle n’avait pas la moindre envie d’arriver à ce genre d’extrémités aussi était-il inutile de se poser la question. Il n’était pas non plus nécessaire de lui faire part de ses réflexions, aussi la jeune femme se contente de sourire légèrement, avant de s’intéresser à autre chose, lui demandant franchement ce qu’il venait faire chez elle, alors même qu’il lui faisait suffisamment confiance pour avoir à l’accuser de quoi que ce soit aujourd’hui. Ce fut dans l’unique but de plaisanter qu’elle insinua que c’était peut-être parce qu’elle lui manquait un peu trop. Une proposition humoristique qui le fait certes sourire également, mais qui se voit surtout balayée sans retenue aucune, le jeune homme affirmant qu’il n’était pas là pour ça, en effet.

Anastasia lève les yeux au ciel, signe qu’elle semble amusée, mais ses traits redevinrent impassible quand son interlocuteur se releva soudainement, délaissant la chaise et contournant la table pour venir se poster à ses côtés. Elle était suffisamment habituée à la présence des membres de l’ordre, tant la sienne que celle des autres, pour savoir qu’ils se plaisaient à employer tous les moyens possibles pour trouver un semblant d’autorité. Or pour impressionner, charmer ou intimider, rien ne semblait égaler quelques centimètres de plus ou une proximité bien dosée. Toutefois elle ne bronche pas, son cœur battant témoignant d’une crainte et d’une méfiance constante lui était coutumier, aussi ne panique-t-elle pas outre mesure devant l’attitude presque menaçante que semble arborer Cam à ses côtés. La coutelière se contente en effet de soutenir son regard sans un mot, haussant un sourcil circonspect alors que lui-même perdait son sourire. Il était de nouveau sérieux au possible et cela non plus ne présageait rien de bon. Toutefois la blonde ne peut que se sentir soulagée, encore que elle ne l’est jamais totalement, lorsque le jeune homme se contente de lui demander quelques informations, si tant est qu’elle en possédait à lui offrir. Il se permet même d’en rajouter une couche, soufflant ce petit si tu vois ce que je veux dire qu’elle juge inutile. Bien sûr qu’elle voyait. Il pouvait faire mieux pour se montrer subtil, bien mieux. Toutefois elle n’est pas suffisamment sotte pour lui en faire franchement la remarque, se contentant de retrouver l’ombre d’un sourire aux lèvres. Un sourire un peu moqueur, tout du moins amusé, lui permettant ainsi de masquer les sentiments plus gênants qui l’oppressaient en cet instant précis. A une époque elle n’aurait pas hésité à vendre ses voisins, à rapporter le moindre ragot, le moindre doute, accumulant les preuves pour faire sombrer ceux qu’elle pouvait côtoyer dans le but de se faire bien voir du gouvernement et de conserver ses privilèges, voir de s’en octroyer plus encore. Pourtant aujourd’hui les choses avaient changé, outre les risques que prenaient certains membres proches de son entourage -des personnes qu’elle n’irait trahir pour rien au monde- la jeune femme avait de plus en plus de mal à supporter la misère d’autrui. Les accabler un peu plus ne faisait désormais plus partie de ses priorités, bien qu’elle ne verse pas dans l’illégalité pour autant, ne tenant pas à s’attirer les foudres du Dôme. Malgré tout Cam savait qu’il pouvait compter sur elle, en informatrice qu’elle a été et qu’elle pouvait par conséquent toujours être. Il avait cette image d’elle et il ne fallait pas la briser malgré tout, la concernée n’ayant que peu envie de le voir se méfier d’elle et de sa loyauté envers le Dôme et l’Animus Vox.

Sans se départir de son sourire, Anastasia finit par détourner les yeux en même temps que lui pour retourner à son occupation du moment, ses prunelles de glaces se perdant dans le reflet que les morceaux de métal entre ses doigts renvoyaient d’elle. Elle capte brièvement le sourire qu’il arbore de nouveau, léger, mais ne s’y méprend pas : ce n’est encore qu’un moyen d’obtenir ce qu’il veut. Au moins, à défaut d’être subtil malgré ses tentatives pour l’être, il avait le mérite de savoir comment réagir, tantôt strict et impérieux, tantôt plus conciliant, faisant ainsi comprendre qu’elle avait tout intérêt à coopérer. Or, elle le savait très bien déjà. « Je vois parfaitement oui, mais tu devrais te douter que si je savais quoi que ce soit, je l’aurais déjà révélé. Je sers le Dôme depuis longtemps, il n’y a pas de raisons que ça change. Le sourire s’étire et elle vrille de nouveau son regard dans le sien. A moins que tu attendes de moi quelques mensonges qui t’aideront à trouver de quoi occuper tes journées. Bien sûr que non il ne désirait pas ça, à son humble avis, Cam n’était pas de ceux qui se plaisaient à mener des interrogatoires ô combien violents dans le seul but de tuer le temps. Ou de tuer tout court. Il semblait loyal au Dôme, loyal à son ordre, probablement irréprochable en bien des points et l’on ne pouvait guère le blâmer pour ça. A chacun ses convictions et à vrai dire elle trouvait cela beau de tomber sur une personne qui, justement, ne voyait pas ses croyances ébranlées. Cela devait être bien plus simple d’être assuré, d’avoir la certitude de faire quelque chose de bien. Elle-même aurait volontiers étranglé à mains nues ses propres doutes et ces sentiments de pitié qui pouvaient émaner d’elle parfois, de plus en plus régulièrement. C’était pénible, cela ne facilitait pas sa vie, loin de là. En tous les cas, la blonde se permit de préciser dans un haussement d’épaules désinvolte : Je t’avouerais que maintenant j’évite beaucoup plus les gens, mes proches sont fiables et je ne cherche pas à côtoyer d’autres individus, qui pourraient s’avérer être des traitres, des déceptions à la chaîne. Elle profitait ainsi de l’occasion pour assurer qu’elle ne s’entourait pas de vermine en tout genre, ce qui était assez vrai de manière générale. Songeant un bref instant aux personnes qui passaient à son atelier, observant pour cela les couteaux qu’elle tenait entre ses doigts, elle conclut ainsi son discours sur quelques mots supplémentaires. Quant à mes clients je ne saurais dire, certains peuvent avoir l’air paniqués mais ça pourrait tout aussi bien être à cause d’une culpabilité liée à de quelconques actes répréhensibles qu’à cause de leur femme malade qui leur cause du soucis. Nouveau haussement d’épaules, avant qu’elle ne se permette à son tour une question, innocente. Elle doutait déjà d’obtenir une réponse, mais peu lui importait. Pourquoi ? Tu t’intéresses à quelqu’un en particulier et tu veux mon opinion à son sujet peut-être ? »
C O D E © W H A T S E R N A M E .

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