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 (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.

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MessageSujet: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 14:28

Diogène Hirsch
Papers please
Nom complet : Diogène. Un prénom rare, sans doute unique, même, dont il ignore l'origine. Il se dit que c'est sûrement l'un de ces si vieux prénoms que ses parents, si intrigués par les temps passés et si amoureux de l'insolite, ont déniché à force de fouiller un peu de partout. Et même s'il n'est pas élégant, son nom, au moins, il sait qu'il sera le seul à le porter. Hirsch. A contrario de son prénom, il se retrouve affublé du nom germanique le plus porté. Enfin, c'est qu'il lui a semblé. Il ignore même si c'est bien le nom de ses parents ou si l'un d'eux à simplement décidé de se nommer ainsi.

Âge : Trente-quatre années de fuite, de sueur. Douze mille quatre cent deux jours à courir et à endurer. La mal-nutrition, le désespoir et les combats contre ceux qui voulaient vous voler votre bouffe.

Statut : Célibataire. Souvent, il laisse son regard de braise s'attarder sur les courbes toujours plus alléchantes de ces jeunes donzelles. Mais rarement il ne se laisse tenter par leur peau délicate et attirante. Il pourrait pourtant en profiter, il n'en fait rien.

Nationalité : Est-ce qu'il possède des origines ? Il l'ignore. Incapable de poser la question qui, souvent, lui a cramé les lèvres et a consumé sa langue, il ne sait rien de ses origines. Serait-il allemand comme le laisse penser son nom de famille si acerbe et si agressif ? Ou bien est-il plutôt caucasien comme ces anglophones toujours trop nombreux ? Il n'en sait rien, il ne cherche même plus à le savoir. Il a choisit l'ignorance, il y a longtemps, il s'y tiens. Et le pire reste probablement qu'il s'y complaît.

Groupe & Rang : Comme tous ceux qui sont nés en dehors de l'enceinte du dôme, Diogène est un pure Wastelander. En est-il fier pour autant ? Pas réellement. En tant que Refugee, il a rejoint le camp de Shanty Way. Toutefois, il lui est déjà arrivé de devoir défendre les autres. Souvent, il finit à terre, la gorge pleine de sang, les mains gonflées, défoncées par les coups qu'il distribue toujours avec davantage d'ardeur, mais au moins, il défend. Il protège.

Métier : Passeur. Déjà enfant, il aimait dénicher ces coins reculés, ces coins discrets que personne ne voyaient. Il s'y glissait, les traversait. Les aimait. C'était ses jardins secrets, son nirvana. Aider les autres n'est qu'une option. En premier, c'est lui qu'il aide. Égoïstement, il était vrai, mais là était sa nature. Si pour survivre, il devait tendre la main à ceux qui prêchaient l'illégalité, alors il le faisait sans trop s'interroger. Mais s'il devait fermer ses portes pour mieux vivre, il n'hésiterait guère longtemps. En de rares occasions, lorsque les clandestins se font rares, lorsque personne ne requiert sa présence pour les guider, il se propose en tant qu'éclaireur. Dénicher, fouiller, voilà ce qu'il sait faire. Dans le fond, peut-être aimerait-il être capable de se battre plus férocement afin de devenir patrouilleur. Pour l'heure, il préfère laisser sa place à ceux qui savent le faire. Et qui le font bien.



Who are you
Depuis quand n'êtes-vous plus au dôme ?
Depuis toujours. Je n'y ai jamais vécu ; je ne connais du monde que ce que l'extérieur m'offre. La terreur et la survie. Le froid glacial la moitié de l'année et la chaleur étouffante de l'été. Je n'ai que ça ; c'est ce à quoi je m'attache. Ce à quoi je me rattache aussi. Là au moins, je n'ai pas d'entraves humaines, j'ai pour liberté le terrain de jeu qui m'est offert. Les chaînes de la société qui régit le dôme ne me concerne pas. Ne m'ont jamais concerné. Et peut-être même ne me concerneront-elles jamais. J'y ai pourtant déjà mis les pieds, furtivement. C'est ainsi que j'ai découvert les passages. Ces tunnels, ces ravins. Ces espoirs pour tous ceux et celles qui en ont marre de vivre en outsider, pour ceux qui aimeraient connaître autre chose que la survie. Ceux qui désirent vivre. Parfois, je me dis que j'en fais parti ; mais je ne franchis jamais le pas. L'extérieur, le froid et la chaleur, le jour et la nuit qui me bouffent de l'intérieur, qui me rongent les veines et qui me gèlent le sang, c'est ce que j'ai. Ce que j'aime, aussi. J'y ai ma place.
Que pensez-vous du Dôme ?
Il s'impose. Probablement magnifique et sans doute unique réserve d'espoir et de rêves pour les autres, pas vraiment pour moi. Il est trop en avance pour moi. Je suis de ceux qui plongent les mains dans la poussière et la merde afin de dénicher un maigre repas qui, au final, ne me nourrira pas. De ceux qui côtoie les vestes trouées et les vêtements rapiécés. Ceux qui n'ont pas le luxe pour changer de caleçon régulièrement, moins encore pour réussir à se laver décemment. Je vis dans la crasse pendant qu'eux roucoulent. Pas tous, mais ils sont déjà trop nombreux. Ils roulent sur les autres, sur nous autres. Ils nous écrasent et nous enfument. Ils font miroiter des récompenses et se les approprient par la suite. Ils m’écœurent. Le dôme m’écœure. Je gerbe sur sa base de métal et je brise ses vitres de verre. Ou j'aimerai. Je l'ai visité. J'ai arpenté ses rues, tapis dans l'ombre, j'ai observé la vie se créé, dissimulé. La galère existe là-bas. La galère règne aussi. Il y a les munis, et les démunis. Les démunis sont parfois originaires de l'extérieur et je les plains. Parce que l'espoir que le dôme leur inspirait, il leur a repris. Et pour cela, je le méprise.
Quelle est votre mission au sein de la communauté (extérieure ou intérieure) ?
De prime abord, je dirai survivre. C'est présomptueux, prétentieux peut-être, mais si je ne suis plus, certains iraient à leur perte. Je ne suis pas le seul passeur qui vit, qui erre, à l'extérieur du dôme. Je sais que nous sommes plus ou moins nombreux, je sais que nous sommes tous indispensables. Mais si l'un de nous venait à périr, il y aurait-il quelqu'un d'autre pour prendre sa relève ? Je refuse d'y croire. Pour moi, il ne fait aucun doute que les passeurs sont des objets rares. Ce steak intact ou cette bouteille d'eau pleine. Sans eux, la liaison entre le dôme et l'extérieur serait presque inexistante. Sans eux, le rêve de gloire ou d'une vie saine serait inatteignable. Sans eux, sans nous. Sans moi. Plus qu'un passeur, j'aime me prétendre guide. Je montre la voie, je dévoile mes secrets. Mes tours de passe-passe. Dès que l'un d'eux devient obsolète, je le remplace par un nouveau. Plus discret, plus mystérieux. Je repère ces âmes esseulées, ces âmes errantes et, par la main, je les mène vers ce qui leur semble être un monde meilleur. J'exauce leur souhait, même s'il ne s'agit souvent que d'une façon ou d'une trêve qui ne durera pas dans le temps. Ils vont, ils viennent. Ils partent. Et parfois, ils reviennent.
Croyez-vous au Dôme et à l'Animus Vox ?
Au dôme ? J'espère bien que vous plaisantez ! Comment pourrai-je y croire quand je sais que la vie en son sein n'est guère mieux qu'en dehors ? Il faudrait être naïf pour penser que le dôme est vraiment ce qu'il dit être. Il est un toit, un espace restreint et régulé, certes. Et après, quoi ? La vie y est-elle plus aisé ? Non. La vie y est-elle plus belle ? A peine. Pas pour tout le monde. Alors puis-je croire au dôme ? Je ne pense pas. Il rayonne, il donne envie. Mais c'est bien là tout ce qu'il fait. Son pouvoir réside justement dans l'espoir qu'il nourrit auprès de la population, il s'en sert. Mais uniquement à son propre usage. Non, je ne crois pas au dôme. Dans de telles conditions, puis-je croire à l'Animux Vox ? La réponse semble évidente, voire même, logique. Je n'y crois guère davantage. En revanche, je suis bien plus conciliant avec ceux veulent y croire. Je peux comprendre que rejoindre l'Ordre, rejoindre l'Animus Vox soit un honneur. J'aime en être éloigné, j'aime ne pas avoir à me soucier de cela, du moins, pas en temps que problème principal et c'est ce qui m'importe réellement.
Que pensez-vous de l'extérieur ?
L'extérieur, c'est la vie. La liberté. C'est la promesse d'une vie dure, d'une vie malmenée, d'une vie de naufragé. Mais c'est aussi la réalité barbare de l'espoir d'un renouveau. Si le monde doit encore changer, alors ce sera grâce à l'extérieur et non pas grâce au dôme. Je pense, et je suis sincère dans mes propos, que si les troupes de l'extérieur se réunissaient et décidaient de se soulever, le dôme s'inquiéterait. Je ne dis pas que nous réussirions et en toute franchise, je ne le pense pas, ce serait idéaliste que de croire qu'avec nos ressources, nous pouvons faire flancher le dôme, du moins, aussi facilement, mais j'affirme et je suis certain de mes convictions, nous pouvons parvenir à faire pencher la balance. Peut-être à faire changer certaines idées, peut-être à faire changer les choses. Et avec les bonnes ressources et les bonnes personnes de notre côté mais surtout avec le temps, nous pourrons modifier quelque chose, changer l'histoire, transformer la donne. Les riches, le haut conseil, les munis, ne peuvent l'être pour l'éternité. Ils nous font miroiter cette fausse vérité comme étant l'unique mais le pouvoir, ce n'est qu'une question de perception. Alors oui, à l'extérieur, nous vivons avec une faim constante, nous ne pouvons jamais être repus ; oui, à l'extérieur, on voit des amis, parfois des proches, périr à cause du froid en hiver ou fondre au soleil en été ; oui, à l'extérieur, on ne vit plus, on survit. Mais à l'extérieur, nous possédons que tous ceux à l'intérieur du dôme ne peuvent avoir à partir du moment où ils ont franchis la frontière. Ils ont peut-être l'espoir, nous avons la liberté.

◄►

Il est silence. Il est force. Il est liberté. S'il le désire, lorsqu'il le désire, il s'envole. Rien ne le retiens, rien ne l'entrave. Il court. Il rêve. Il batifole. Il veut aller plus loin, il veut dépasser les limites invisibles de la nature. On l'en empêche, on le retient. Il se retient lui-même. Ses limites, il se les impose ; la nature les lui impose. Il ne peut pas fuir, il ne peut pas courir. Alors il marche. Parfois, peut-être, il se pose. Il semble attendre. Il observe. De son œil de lynx, de son regard de braise. Il attend. Quoi ? Tout le monde l'ignore. Il l'ignore peut-être lui-même. Le déluge ou bien le début du nouveau monde. Posé, blottit dans un coin délabré, dissimulé par ses cachettes, il observe. Le monde mourir, le monde survivre. Il aimerait, aimerait vivre. Il aimerait, aimerait partir. Aimerait fuir. Alors il se remet à courir. Toujours un peu plus loin, toujours un peu plus vite.
Et, inexorablement, il revient à son point de départ.

Il ressemble à ces déglingués, ces rebelles avec couteau à la main. De loin, on pourrait le prendre pour l'un d'eux. Il pourrait se glisser parmi eux sans qu'aucun ne découvre la supercherie. Il a l'air d'un costaud, il ressemble à ces crache par terre, ces assoiffés de sang, ces assoiffés de meurtre. Un grand solitaire, un grand brisé dans son âme qui se cache derrière son indifférence. Une brute au grand coeur. Un tueur né. Les armes, pourtant, il n'en possède pas. C'est à peine s'il sait fermer son poing correctement pour cogner contre un nez trop long, à peine s'il ose relever le genoux pour venir défoncer une mâchoire ouverte. A peine s'il oserait regarder un bras cassé, touché une côte fêlée. Il donne l'air, il donne l'impression. Il ne dénie pas. Jamais. Il hausse parfois les épaules et se détourne.
Mais il n'est pas ce qu'il semble être.
Il est un gringalet à l'âme sensible. De ceux qui gerbent à la vue du sang, de ceux qui s'évanouissent à la vue d'un cadavre. Il en voit pourtant. Parfois. Souvent. Et à chaque fois, il vomit tripes et boyaux. A chaque fois, il recrache jusqu'à son coeur, jusqu'à la bile, jusqu'à ne plus se souvenir de son nom, avant de tomber, tête la première dans son dégueulis. Il ne supporte pas la violence mais il la côtoie. A-t-il seulement le choix ? Non. A-t-il seulement envie d'avoir le choix ? Même pas.

Il ressemble aux érudits. Il reste de longues minutes, d'interminables heures, devant un mot, une écriture. Il l'affronte du regard, sans bouger. Sans broncher. On pense qu'il le déchiffre. On pense qu'il sait ce qu'il signifie. Il ment au monde, il se ment à lui-même. Les inscriptions ne veulent dire, pour lui, que ce qu'il veut qu'elles signifient. Fils de bâtard devient A mort le dôme. Les lettres se mélangent devant ses yeux, dans son esprit embrouillé, son esprit embrumé, son esprit perturbé. Il les ignore. Pour lui, les lettres ont plusieurs sens, plusieurs significations. Il ne connaît que les chiffres. Il sait compter. Trois miches de pain reviennent à cinq bouches de nourries. Une quatrième peut lui faire espérer un semblant de repas. Mais les D et S sont la même chose. Une forme étrange, une forme illisible.
Il n'est qu'un enfant du peuple, un enfant de la vie extérieure. Un paria. Un rejeté. Un indésiré.

Le dôme l'appelle, le dôme l'attire. Il l'aimante. Soumis, il s'y colle. Admiratif, il aime ses longues et hautes plaques de métal, ces vitres transparentes. Dupé, il se met à espérer. Alors il traverse. Il s'y rend. Il se glisse, ombre furtive, emprunte ces tunnels, ces passages secrets qu'il aime découvrir, qu'il ne garde que pour lui. Et il voit. La détresse des plus pauvres, la douleur de ceux qui se tuent dans leur sueur, de ceux qui se suicident sans même en avoir conscience. Et il est pris d'un haut-le-coeur, et il se cache les yeux. Et il détourne le regard.
Ça le dégoûte.
Et il part.

Tell me your story
Recroquevillé sur lui-même, les bras langoureusement enroulés autour de ses jambes maigres, il ferma les yeux, laissa sa tête reposée contre la fraîcheur métallique du tunnel. Il était las. Fatigué de cette vie infernale, épuisé de courir après tout ce dont il avait besoin. Son être entier était pris de tremblements, résultat pathétique du froid et de la fatigue qui l'accablait depuis des jours. D'interminables heures qui s'écoulaient dans un ralenti insupportable. Le temps était devenu son bourreau ; dans un sourire sardonique, il le torturait, s'amusait de ses supplices et de ses douleurs. Impuissant, il ne pouvait que patienter. Que le froid lui gerce les lèvres, que le vent le gèle et que le gel le tue. Diogène plissa les yeux, retenant maladroitement cette vague de tristesse qui venait le submerger. Il n'en pouvait plus. De ce semblant de vie, de ce froid polaire. De cette misère, de ce calvaire. De sa solitude, de cette troupe. Il inspira, retint sa respiration.
Sous ses paupières closes, un visage. De porcelaine, de marbre. Abîmé par le passé, éclairé par l'avenir. Sous ses paupières closes, deux grands yeux. Noisette, ou peut-être auburn. Éteints par le passé, allumés par l'avenir. Sous ses paupières, un prénom. Intriguant, pourtant savoureux. Porté par l'espoir, détruit par la réalité.
Une larme acide perla au coin de son œil fermé, roula sur sa joue noircie par la poussière de la terre, lui brûla la peau. Lui crama le cœur. D'autres suivirent. Toutes plus violentes, toutes plus ravageuses. Elles lavaient son visage crasseux, allaient se perdre dans son épaisse barbe. Elles poignardaient son être, agressives et pourtant apaisantes. Laissant ses pieds racler contre le sol, il ramena ses genoux contre son torse rachitique, se tapa la tête contre la paroi humide. Il ignora le filet de poussière qui s'en détacha, vint parsemer sa chevelure entremêlée d'un noir profond. Ignora l'écho de son coup à l'intérieur du tunnel. Il avait mal. A la tête, aux jambes, à l'épaule. Au corps, au cœur, à son âme. Il était brisé par cette vie désespérée, cette vie de désespoirs. D'illusions et de désillusions. Alors il restait ainsi. Fœtus dans le ventre de sa mère, nourrisson dans cette cachette.
Ses mains glissèrent jusqu'à trôner sur ses genoux pointus, ses doigts se resserrèrent. Ses larmes avaient cessé, séchées, collant sur ses joues, collant ses joues. Il reniflait, toujours incapable du moindre mouvement, paralysé par la nostalgie, pétrifié par son soudain désintérêt pour tout ce qu'il entourait. Il ne voulait plus. Plus courir, plus fuir. Plus se cacher, plus dissimuler. Sa tête retomba brusquement, rencontra le dos de ses mains agrippée à son pantalon troué. Il soupira.
A ses oreilles, la mélodie fluette et délicate d'une voix aussi tendre qu'une brise d'été, aussi réconfortante qu'un feu d'hiver. La sienne. La beauté brisée d'une fraction de seconde, un regard brièvement échangé. Il se souvenait. De ses pas, de son regard, de ses lèvres, de sa peau. De tout. De sa façon d'être, de la main qu'il lui avait tendu pour la guider, de leurs épaules qui se frôlaient devant le tunnel. De tout. Des rares mots échangés, des regards qui s'étaient croisés. Il sentit son cœur se soulever, se serrer, retomber. Léger. Il avait pensé s'être perdu, s'être noyé dans les profondeurs de la terreur, s'être terré au plus profond de l'horreur. Mais Diogène venait de comprendre que s'il levait la tête, il pouvait encore la voir. La lumière. Sa lumière. Porteuse d'espoir, souriante et délicate. Une danseuse, la main tendue.
Alors il se releva. Alors il quitta le long tunnel rongé par l'humidité, rongé par la moisissure. Alors il s'éloigna.
Alors il vécut.

« Prends ma main. » Il avait une voix agréable, douce et légèrement rocailleuse. Il donnait l'impression de sortir d'une tanière mais il avait cette chaleur qui se dégageait de son regard, ce côté apaisant lorsqu'il faisait signe de se baisser, ce côté rassurant lorsqu'il indiquait d'un geste de la main de se remettre en marche. Il possédait cette assurance lorsqu'il se déplaçait d'un pas rapide, cette nonchalance lorsqu'il s'asseyait pour marquer une brève pause. De nouveau, sa main passa devant le regard de la jeune fille qui, après avoir hésité, consentit à attraper ces doigts offerts pour se hisser sur les ruines de l'ancien entrepôt. Il passa une main à sa taille tandis que les autres futurs clandestins continuaient leur chemin. Elle était troublée, près de lui. Troublée par ses yeux voilés, troublée par la distance qu'il imposait de lui-même avant de venir se rapprocher. Toujours plus près. Elle l'observait, de ses yeux curieux, l'admirait, de son regard brillant. Elle était là, collée contre lui. Elle était là, pratiquement blottie. Et sa main à lui, au creux de sa taille à elle, la poussait vers l'avant, pour qu'elle continue d'avancer. Elle eut le cœur brisé, l'âme en déroute. Il se détachait, reprenait la tête de la troupe. L'abandonnait.
« Diogène ? » La voix de l'enfant le tira de son escapade imaginaire, il baissa la tête, lorgna la main qui lui était tendue avant de la prendre. Les petits doigts du gamin se nichèrent dans sa grande paume pleine de terre, sans doute un peu de merde aussi. « Oui ? » Et il laissait ses yeux sur cette petite tête blonde, au visage presque transparent, avançant néanmoins, atteignant leur destination. « Pourquoi tu n'es pas dans le dôme ? » Et il détourna le regard, tourna la tête. Et il sentit sur lui, sur sa nuque, l'envie des autres passagers de connaître la réponse. Et il revit, cette jeune femme aux airs de princesse, lui confier son rêve de fonder une famille ; et il revit, cette jeune femme vêtue de guenille, lui promettre de lui faire parvenir des messages. La première parvint à leur hauteur, au gosse et à lui, le défiant du regard de répondre à la question. Il haussa les épaules. Négligé, négligeant. Désintéressé, inintéressant. « Parce que je ne veux pas vivre avec des règles. Parce que j'aime ma liberté. Parce que si j'étais de l'autre côté, vous ne pourriez pas y parvenir. » Il allait falloir se contenter de ça et sans doute fut-il compris car plus aucun ne lui prêta d'attention particulière. A part peut-être la grande blonde qui, une déception déguisée en maladresse, manqua de trébucher sans qu'il ne veuille la retenir. « Diogène ? » Sa main se faisait secouer par celle du gamin, son t-shirt trop large, délavé et décousu de moitié se faisait tirer vers le bas. Il baissa les yeux, déjà las de ces questions. Assuré d'avoir l'attention du passeur, la voix aiguë reprenait. « Pourquoi t'es un passeur ? » La réponse, l'évidence, frappa l'homme de plein fouet, manquant de le faire étouffer. Parce qu'il aimait vivre entre deux mondes, parce qu'il aimait détenir le pouvoir sur les autorités, parce qu'il aimait pouvoir rire d'eux et de leur grande stupidité. Parce qu'il pouvait aller et venir comme bon lui voulait sans que rien, ni personne, ne vienne l'entraver. Parce qu'il y avait elle et qu'être passeur lui donnait une excuse pour la revoir. Ne serait-ce que de temps en temps. De nouveau, il haussa les épaules. « Parce que je déniche, parce que je trouve. C'est ce pourquoi je suis doué alors c'est ce que je dois faire. Donc je le fais. » Il vit le nez du môme se plisser, ses yeux loucher, sceptique. Finalement, le gosse acceptait cette réponse en hochant la tête. Et une idée traversa l'esprit de Diogène. Folle à liée, suicidaire. Il s'arrêta, entraînant avec lui le jeune garçon qui ne comprenait pas. Il mit un genoux à terre, se retrouva à la hauteur du l'enfant qui l'observait de ses grands yeux ronds. « Quand tu seras de l'autre côté... Si jamais tu vois une jeune femme qui s'appelle Fox, fais-lui passer un message pour moi, tu veux ? » Acquiescement. « Dis-lui que je serai au tunnel dans quatre jours, du côté du dôme. Et que je l'y attendrai. » Nouveau hochement de tête. Une question pointait son nez dans le regard clair de l'enfant qu'il devança. « Tu la reconnaîtras, c'est la plus belle de toutes. »
Elle avait les larmes aux yeux, le vague à l'âme. Son cœur s'était envolé pour se barrer. De l'autre côté du dôme, là où la terre lui était inaccessible. Là où ce corps maigre, là où ce sourire rassurant n'était pas pour elle. Elle était en miette, elle était en feu. Détruite et ravagée par ce qu'elle avait pensé être sincère. Il n'y avait rien eu. Pas pour elle. Elle voyait, à l'entrée du tunnel. Il regardait dans sa direction mais ce n'était pas elle qu'il regardait. Ni même qu'il voyait. Non. Il regardait le gosse, mais il voyait l'autre. Elle plissa les yeux et jura l'entendre murmurer. Déjà, elle se faisait entraîner par l'un des autres clandestins. Déjà, elle se détournait pour avancer, courir, à sa nouvelle vie.
Dans le tunnel sombre et humide, un écho. Une promesse.
Dans quatre jours.

Behind the Character
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IRL j'ai dix-neuf ans. Je suis là environ cinq jours par semaine. J'ai connu After Us grâce à Foxy-Fox d'amour et j'utilise Adam Noah Hot Levine comme avatar.

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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 14:29

OUAAAAAIS. UN AMI PASSEUR. AAAAAAAH.
Bienvenue à toi ♥
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 14:35

Bienvenue sur After Us !

Bon courage pour ta présentation Smile
Si tu as besoin d'éclaircissements ou n'importe quelle question, n'hésite pas à nous en faire part ♥️

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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 14:49

nour + merci bien amie passeur (fais-moi la passe, fais-moi la passe... Arrow )

yhme + merci :'3 j'avais une question qui m'étais venue quand j'réfléchissais à mon personnage, mais je l'ai totalement oubliée donc on va dire que c'était pas important x) par contre, j'crois que FA m'aime pas depuis hier, il refuse que j'embellisse mon profil avec des info et je vais tâcher de faire ma fiche rapidement I love you
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 15:01

Bienvenue dans le coin !! Le personnage a l'air très sympa ! J'ai hâte de voir la suite ! Bon courage pour la rédaction de ta fiche !
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 15:06

Bienvenue à toi et bon courage pour ta fichette ! :3
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 15:59

Bienvenue ici !
Bon courage pour finir ta fiche
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 17:56

Bienvenue sur AU
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Bon courage pour la rédaction !

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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 18:08

Bienvenue et bon courage pour la suite de ta fiche. J'adore ta plume, ton choix de métier et ton avatar
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 18:29

t'es magnifique, je te kidnappe mon amour de passeur I love you
j'ai troooop hâte de lire ta fiche *-*
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 18:37

merci tout le monde (pardonne-moi, j'ai la flemme de faire un message personnalisé pour chacun - mais ça m'empêche pas de vous léchouiller le visage).

luus mille merci, j'adore ton pseudo pour ma part, il vend carrément du rêve

fox c'est toi qui est magnifique, t'es un paradis *ricane de sa vanne de merde* et moi donc pour la tienne, j'ai commencé à la lire, ta plume me donne envie de mourir tellement c'est beau
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 18:56

Pour le profil qui merdouille, c'est surement parce que les champs "liens" et "journal" sont obligatoires, mets des points ou un caractère bidon et ça devrait marcher normalement
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 19:02

JE T'AIME ! Ca marche *u* J'avais pourtant mis quelque chose en m'inscrivant justement comme j'avais vu qu'ils étaient obligatoires... Ne cherchons pas à comprendre. Merci, merci, merci, tu viens de sauver mon ignorance
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 19:06

Héhé, avec grand plaisir I love you
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 19:13

Bon dieu Adam ! Très bon choix ! Smile

Anyway, bienvenue et bon courage pour la rédaction de ta fiche
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MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 21:50

J'aime beaucoup ton pseudo Bienvenue sur AU et bon courage pour ta fiche ! I love you

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But in this twilight, our choices seal our fate

The pull on my flesh was just too strong Stifled the choice and the air in my lungs Better not to breathe than to breathe a lie So crawl on my belly 'til the sun goes down I'll never wear your broken crown I took the road and I fucked it all away Now in this twilight, how dare you speak of grace.
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Lun 5 Jan - 22:44

merci, vous deux il semblerait que mon pseudo ait du succès, héhé moi aussi je l'aime beaucoup
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Mar 6 Jan - 19:53

Bienvenue sur AU, bon courage pour le reste ! ♥
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Mar 6 Jan - 20:53

Bienvenue et bon courage pour le reste de ta fiche ♥️
Je suis fan de ce que tu as déjà écrit, il a trop la classe Diogène
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Invité

MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Mar 6 Jan - 21:39

merci bien les belles demoiselles ♥
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avatar
Age : 25 ans
Origines : Russes
Métier : Éclaireur
Indulgences : 651
Localisation : Shanty way
Avatar : Marie Avgeropoulos
Souvenirs : 556
Double compte : R'kia Tchaïovsky

Your identity
Situation: Célibataire
Croyances: Animus Vox.
Classe de naissance: α ALPHA.


MessageSujet: Re: (diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.   Jeu 8 Jan - 18:09

"Ils ont peut-être l'espoir, nous avons la liberté."
Bawai, on a tout compris à l'extérieur

Поздравляю !


Après l'effort le réconfort, tu es validé(e) ! Tu peux d'ores et déjà installer tes valises sur le forum ! Pour ce faire n'oublie pas de lire les annexes scrupuleusement afin d'être certain(e) d'avoir l'univers en tête pour te lancer dans de trépidants sujets. Afin d'être sûr de laisser ton emprunte et t'annoncer aux autres joueurs n'oublie pas de recenser ton avatar et recenser ton personnage ! Tu peux effectuer un certain nombre de demandes pour ton personnage et son histoire en visitant la partie gestion. N'oublie pas de créer ta fiche de liens et ton journal afin de faire ami-ami avec les autres survivants ! Si le coeur t'en dis, tu peux même créer un scénario pour enrichir ton jeu. Pour finir, n'oublie pas que sur AFTER US tu n'es jamais seul et ton avis est précieux pour tous ! Nous t'invitons donc à poser des questions si un point te semble obscur ou même donner des suggestions. Si besoin est, tu pourras signaler une absence dans ce sujet. A très bientôt sur la chatbox ou dans le flood !


 

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(diogene) aux portes de l'enfer, il trouva son nirvana.

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