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 Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais

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Invité

MessageSujet: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:11

Savatie Baştovoi
Papers please
Nom complet : Savatie Baştovoi.

Âge : 42 ans.

Statut : Libertin, mais célibataire.

Nationalité : Moldave.

Groupe & Rang : Animus Vox, Preacher.

Métier : Prêtre.



Who are you
Depuis quand résidez-vous/n'êtes-vous plus au Dôme ?
Je suis né au Dôme et je ne l'ai jamais quitté. Je ne connais l'extérieur qu'à travers les descriptions et quelques images.
Que pensez-vous du Dôme ?
Une pause. J'ai beaucoup lu sur le sujet, et la question est plus complexe qu'il n'y paraît. Tout d'abord... Sans lui, nous ne serions pas. Il est la seule chose qui nous protège de l'extérieur et qui a sauvé nos ancêtres lors de la catastrophe. Comme mes parents, comme mon grand-père, comme tout les prêtres de l'Animus Vox, comme toutes les personnes que je connais, je l'ai longtemps déifié.
Mais c'est une création humaine, faite uniquement de métal, et à ce titre est-il judicieux de la vénérer ? Je veux dire, ce n'est pas une entité supérieure au sens strict du terme : ses pouvoirs lui viennent de nous, sans l'humanité elle n'existerait pas. Ce n'est pas une propriété de dieu. Et pourquoi la considérer comme une divinité bénéfique si on ne voit pas la bombe atomique comme un dieu maléfique ? Toutefois, il est vrai que c'est un outil moins évolué que le Dôme...
Malgré cela, je pense qu'il vaut mieux vénérer le Dôme que rien du tout. La religion est un apport intéressant pour les humains, en particulier quand ils sont au fond du trou. Même si ce qu'ils adorent est un outil de métal.
Je vous avais dit que la question était complexe.
Et accessoirement, le Dôme est aussi mon gagne-pain.
Quelle est votre mission au sein de la communauté (extérieure ou intérieure) ?
Ah. Un sourire ironique. Je suis le guide des brebis égarées, la voix de l'Animus, le lien entre le Dôme et la population. Je suis un prêtre et je veille sur la Foi de mes moutons, l'entretiens, la nourris, l'arrose. Ça ressemble un peu à du jardinage : il faut un soin constant. Ils sont si empressés à se détourner du droit chemin ! Je m'occupe aussi de tout type de cérémonies : les mariages, les enterrements, les messes hebdomadaires...
Un instant, il est pensif. Ne trouvez-vous pas cela extraordinaire que j'arrive à leur communiquer quelque chose que je ne possède pas ?
Croyez-vous au Dôme et à l'Animus Vox ?
Oui... et finalement non. J'y crois, mais ma foi, ma passion a disparu au fil du temps. Je me désintéresse du culte. Je me moque des paroissiens vertueux et dévoués, j'ai l'impression de ne dire que ce que veulent entendre les gens : que quelqu'un veille sur eux, qu'ils n'ont rien à faire, rien à décider. Somme toute, cela m'amuse et me frustre en même temps. Je les manipule si facilement, j'accueille les confessions des paroissiennes repentantes en souriant et les délivre de leurs soucis – en échange de quoi certaines d'entre elles me délivrent d'un certain besoin physique. La religion pour moi est creuse, elle n'est que paroles, manipulation. Je le sais, je le vis.
Et le sentiment de vérité que ressentent mes compatriotes me manque. J'envie les croyants. J'envie leur foi aveugle, leur confiance...
Que pensez-vous de l'extérieur ?
Grand et sale. Je n'aime pas la saleté. Ça fait désordre. Ce n'est pas une vie que de vivre sur le cadavre calciné de notre ancien monde ! Le seul univers que nous ayons désormais est le Dôme.
Quant à la taille... Cela pourrait être quelque chose d'attrayant, mais je me contente fort bien de l'espace dans lequel je vis. Je n'ai pas d'intérêt, pas de curiosité pour cet univers que nos ancêtres ont détruit dans leur stupidité. Autant se tourner vers le vivant.

Personality

Comment me résumer ? Il esquisse un sourire sans joie. Eh bien, pour commencer, je suis un hypocrite – qualité essentielle pour prêcher une religion quand on a perdu la foi. J'excelle dans ce domaine, car je suis un excellent orateur. En fait, je dirai même que je suis quelqu'un de charismatique ! La partie la plus intéressante du métier : convaincre les foules, embraser les cœurs, subjuguer les paroissiennes...
Ah, les paroissiennes... Oui, j'aime les femmes, qu'elles soient mariées ou non, jeunes ou mûres, je ne suis pas difficile... Ni très regardant. C'est un jeu dangereux (tant vis-à-vis de l'Animus Vox que des maris et des anciennes amantes), mais je ne peux m'empêcher d'y jouer. C'est peut-être même uniquement le danger qui m'attire. L'interdit, le tabou. Jamais je ne me soucie de ces femmes dont je détruit sans doute la vie de famille, la confiance en elles, la vision de l'amour. Parce que je suis (un tout petit peu) égocentrique, dans une relation, je ne pense qu'à moi. En général, je ne pense qu'à moi. Mon apparence (mon corps, que j'entretiens), ma réputation, ma position sociale – d'ailleurs, je suis assez frustré de n'être que prêtre. Même si le contact humain est moins important en tant qu'évêque, il me plaît de m'imaginer dans les plus hautes sphères de la religion, entouré de gens puissants et plein d'une grande influence. Mais mon comportement quelque peu licencieux me bouchera peut-être à jamais cette voie...
Pour revenir aux femmes, je ne compte plus le nombre de scènes de larmes que j'ai dû causer. Parfois je les torture, parfois je fais ça discrètement. C'est selon mon humeur et mon attachement. La seule caractéristique inamovible est mon calme. Car je suis quelqu'un de posé et de calculateur, je ne fais jamais rien au hasard, et rares sont les choses que je ne contrôle pas.
Je suis très détaché des autres. Je ne m'implique jamais vraiment dans une relation, qu'elle soit amicale ou sentimentale. Dans mon cœur, il y a toujours une distance de sécurité, un garde-fou que j'ai mis en place peu après la mort de ma mère. On peut donc dire que je pratique l'auto-défense ! Et l'ironie, par la même occasion...
Et si vous êtes fins analystes, vous comprendrez sûrement que ce trait de personnalité prouve que je suis une personne opiniâtre. Pour moi, rester bloqué sur sa misère ne sert à rien. Le plus important quand on a un problème, ce n'est pas sa violence, mais la manière dont on va s'en sortir.
Pour finir, on dit aussi de moi que je ne me mets jamais en colère, et qu'à la place, je suis la rancune personnifiée.
Ça ne me paraît pas impossible...

Tell me your story

Sommaire :
I. Enfance
II. Adolescence
III. Novice
IV. Âge adulte


I. Enfance
La première question que je me rappelle avoir posé était pour ma mère. J'étais assis dans le salon près de la fenêtre et je regardais dans la rue. Elle s'affairait dans la cuisine, à côté de moi.
— Pourquoi mon prénom est bizarre ?
Sa réponse, comme toutes les autres, était fort simple :
— Mais il est très bien, ton prénom, chéri !
Mon expression devait refléter mon manque de conviction car elle précisa :
— Ça vient de ton arrière-arrière-grand-oncle. C'était un grand auteur, mais pas très connu.
Je la regardai pensivement.
— Il a écrit un livre ?
— Plusieurs !
— Tu les as lu ?
— Seulement un.
Je me redressai, intéressé. Je savais déjà qu'avoir un livre était quelque chose d'exceptionnel, alors un livre de son ancêtre...
— Je veux le lire, moi aussi !
À supposer qu'elle possédait encore l'exemplaire, et rien n'était moins sûr.
Elle rit, s'assit et me prit sur ses genoux.
— Je ne crois pas que tu pourras avant quelques années. C'est un livre pour grandes personnes.
— Il s'appelle comment ?
Un sourire mystérieux apparut sur ses lèvres.
Les Lapins ne meurent pas.
Je trouvais pourtant que c'était un titre de livre pour enfant.

oOo

J'ai commencé à m'intéresser à la religion vers l'âge de sept ans, en assistant pour la première fois de ma vie à un enterrement. Le prêtre qui célébrait était aussi digne qu'un Empereur, sa prestance surpassait même celle de mon père (j'avais encore l'habitude de le considérer comme le plus fort du monde).
Nous enterrions ma grand-mère, dont je n'étais pas très proche, et je regardai plutôt autour de moi pour étudier cette nouvelle situation. Les gens qui étaient présents avaient le regard tourné vers le prêtre et toute leur attitude criait leur respect. Ce dernier déclamait les quelques phrases traditionnelles, prit un brandon et mit le feu à la structure de bois qui soutenait le cadavre. Fasciné, je regardai les flammes briller, grandir, s'envoler vers le ciel et avaler le corps de ma grand-mère. Le prêtre restait à côté du bûcher, très droit, très impressionnant. Je me dressai sur la pointe des pieds pour voir si on verrait le cadavre se décomposer, mais soudain la main de ma mère attrapa mon épaule et me tira en arrière.
— Sav', tu regarderas quand tu seras plus grand.
J'allais protester, mais son ton et son regard m'indiquaient clairement de me laisser faire.
Elle me ramena à la maison. Mon père n'était pas là, et je supposais qu'il était encore là-bas. Je ne comprenais pas pourquoi elle ne voulait pas que j'y reste. Maintenant que j'y pense, je sais que c'est parce qu'elle ne voulait pas me traumatiser. Pauvre maman qui ne se doutait pas que j'étais loin d'être terrifié...
À partir de là, j'ai commencé à éprouver un certain intérêt pour les prêtres. Je m'amusais à les comparer entre eux pendant les cérémonies, et je cherchais celui qui m'avait tant marqué. Les autres ne lui arrivaient pas à la cheville. Je me foutais royalement de leur discours, le plus important était qu'ils aient l'air importants. J'avais très envie de voir mon grand-père en train d'officier et de pouvoir l'échelonner à la mesure de sa prestance. J'espérais qu'il soit à la hauteur.
De temps en temps, je jouais, seul dans la chambre de mes parents, à faire le président. Devant leur miroir, j'enfilai en toge un drap blanc et paradais d'un air important. Je faisais quelques signes de la main, quelques discours fort peu inspirés. Et puis j'ai arrêté quand j'ai été surpris par ma mère et qu'elle a explosé de rire.
Cette période a duré en tout et pour tout trois mois.
Ensuite, j'ai voulu devenir explorateur.

oOo

Je n'avais jamais vraiment fréquenté les garçons de mon âge. Étant fils unique, comme mes parents et comme mes grands-parents, je n'avais ni frères ni cousins. Aucun de nos voisins n'avaient d'enfants (mais ce n'était pas faute d'avoir essayé). Voilà le problème quand les adultes contrôlent trop les naissances : on se retrouve souvent tout seul.
Tout ça pour dire qu'il n'y avait personne pour jouer à l'explorateur avec moi et que j'ai vite laissé tomber ce passe-temps.
À la place, j'ai commencé à lire. Pas des livres, puisque nous n'en avions pas, seulement des cartes et des images. Je pouvais rester des heures à contempler une photo, à imaginer des petits personnages qui bougent. C'était le plus souvent des représentations de l'Animus Vox (plus faciles à trouver) et des cartes du Dôme (les cartes montrant l'extérieur n'étant pas à portée de n'importe qui, et certainement par d'un petit garçon comme moi). J'avais bien essayé de chercher le livre de l'autre Savatie Baştovoi, mais je ne l'avais jamais trouvé. En même temps, je n'osais pas trop fouiller dans les affaires de ma mère. J'avais assez d'expérience pour savoir qu'elle sentait toujours quand je regardais dans ses tiroirs et que cela la mettait dans une rage incroyable. Et qu'il valait mieux éviter de l'énerver...
Je n'avais pas beaucoup de camarades de jeux parce que mes parents faisaient partie de la classe intermédiaire supérieure : ni assez pauvres pour me faire travailler, ni assez riches pour me faire jouer avec les enfants de la haute société (même si ma mère en était issue). Mon enfance était marquée du sceau de l'ennui, que rompaient seulement quelques éléments majeurs – souvent en lien avec l'Animus Vox. Une fois tous les six mois, j'étais appelé à passer les examens qui me permettraient (ou non) d'entrer dans le noviciat. Les événements les plus marquants de ma jeunesse étaient les quelques mariages auxquels nous étions conviés, mes parents et moi. Ils représentaient pour moi une grande source de divertissement, car j'y rencontrais des enfants dans un cadre festif et je mangeais des aliments que mes parents ne se seraient jamais offerts en temps normal. J'y ai appris à jouer à des jeux de mon âge, à raconter à haute voix les histoires que je m'inventais et à aimer voir la lueur d'intérêt dans les yeux de mon public.
J'y ai appris à être un enfant.

oOo

II. Adolescence
Ma mère mourut d'une infection peu après mon treizième anniversaire. Quand j'y repense, j'ai l'impression que c'est à ce moment-là que mon innocence prit fin. Comparé aux autres gamins, je n'ai pas eu beaucoup de chance : je n'ai eu droit qu'à cinq ans d'enfance...
Son enterrement fut à l'inverse de sa personnalité : exubérant et populaire. Beaucoup de monde de la haute société était venu, et notamment mon grand-père, que je n'avais vu qu'en de rares occasions. Il avait tenu à officier la cérémonie et je n'ai pas pu m'empêcher de me rappeler que mon rêve de petit garçon se réalisait.
Disons que ce désir m'était passé, désormais...
Mais il n'était pas trop mal dans son rôle, en fin de compte.
— Monseigneur, votre discours était fa-bu-leux ! s'exclama une femme dont le chapeau me faisait penser à un paquet de nœuds papillons. J'ai pleuré quand vous avez évoqué la naissance de votre fille ! Vous êtes décidément un merveilleux orateur.
La messe était terminée et le corps de ma mère finissait tranquillement de se racornir sous le baiser des flammes. Maman avait raison, j'aurais peut-être préféré ne pas voir ça, tout compte fait... Pendant ce temps, Monseigneur l’Évêque son père recevait les salutations de son public – qui, je m'en étais douté, n'était venu que pour lui. Il se tourna vers mon père et moi une fois qu'il eut terminé ses mondanités. Mais nous ne trouvâmes rien à dire d'autre que des banalités : "Toutes mes condoléances", "Ce sont les meilleurs qui partent les premiers", "Elle était si douce...". Cet homme était resté loin de nos vie trop longtemps.
Sur le retour, tandis que nous marchions, une question me taraudait l'esprit.
— Pourquoi on ne l'a presque jamais vu jusqu'à maintenant ?
Je vis mon père se lécher les lèvres du bout de la langue. Une preuve de malaise que je ne l'avais presque jamais vu démontrer.
— Il n'a pas tellement apprécié notre mariage. J'étais d'une classe inférieure à la leur et il la destinait à quelqu'un de plus prestigieux. Elle lui a désobéi en s'échappant pour venir me rejoindre. On s'est mariés avant qu'il nous rattrape et il n'a plus pu s'opposer à nous.
— Le mariage, c'est sacré, murmuré-je pour moi-même.
Et ça m'a permis de naître... Sans cette sacralité, mes parents n'auraient jamais pu être ensemble.
— C'est pour ça qu'elle sait lire, Maman ? Elle était Alpha ?
— Elle savait lire ?
Je n'aimais pas sa manière d'insister sur le passé.
— Tu l'ignorais ?
— Quand t'a-t-elle dit ça ?
Je détournais les yeux, gêné.
— Elle ne me l'a pas vraiment dit. Elle m'a juste raconté qu'elle avait lu un livre.
— Ah, Les Lapins ne meurent pas, n'est-ce pas ?
— Oui. C'est de là que vient mon prénom, non ?
— On peut dire ça... On peut même dire que c'est grâce à cela que tu es né.
— Comment ça ?
— C'est mon nom de famille qui l'a intéressée, tout d'abord. J'avais le même patronyme que son auteur préféré. C'est comme ça qu'on s'est parlé, qu'elle a appris que c'était mon arrière-grand-oncle, puis qu'on s'est plu.
Sa voix se brisa et il se mit à pleurer. Je m'efforçais maladroitement de le consoler en le prenant dans mes bras et en marmonnant les premières conneries qui me venaient. Il se reprit au bout de quelques secondes, gêné que son gamin doive s'occuper de lui dans un lieu public.
— Désolé, fils. Elle me manque.
— À moi aussi.
Il esquissa un sourire triste et se remit à marcher.
J'apprendrai plus tard que tout ce que ferait mon père serait chargé de tristesse. Il aimait profondément sa femme et ne se remettrait jamais de sa mort. Il porterait son deuil avec dignité, jusqu'à la fin, et moi je trouverai cela à la fois fascinant et incompréhensible. Sans doute eut-il mieux valu que ce fut lui qui mourut – c'est sûrement ce qu'il se disait.
Moi, mon deuil était plus profond. Plus refoulé. Très refoulé.
Ce jour-là, je me rendis compte au moment de me coucher que je n'avais pas pleuré une seule fois.

oOo

Deux jours plus tard, je commençais à trier les affaires de ma mère. Mon père ne pouvait pas s'en occuper, et encore moins me regarder faire. Il fallait donner ou revendre ses vêtements et son maquillage (dont nous étions sûrs de n'avoir jamais aucune utilité) et ranger dans un coin ce que nous choisirons de garder (ses bijoux, ses dessins...). J'en profitais pour chercher le fameux livre de l'autre Savatie Baştovoi et fouiller discrètement dans les tiroirs. Rien. Sous le lit. Rien. Dans la penderie. Rien. Deux heures plus tard, j'avais retourné toute la chambre et je dus me rendre à l'évidence : elle ne l'avait pas. L'avait-elle revendu ou donné ? Perdu ? Emprunté ?
Mais après tout, qu'est-ce que j'en aurais fait, de ce bouquin ? Comme la plupart des gens, je ne savais pas lire. Mon seul espoir d'apprendre serait d'être admis au noviciat, mais j'étais incapable de savoir si j'avais mes chances. Depuis mon plus jeune âge, je passais des tests une fois tous les six mois, et jamais je n'ai eu un seul retour sur mes résultats.
Dans les jours qui suivirent, il apparut que d'autres priorités étaient en jeu. D'une part, la maison commençait à s'encrasser ; et d'autre part, mon père, qui était contrôleur des impôts, délaissait son travail. Moi qui avait été habitué à être choyé et protégé dus passer mes soirées à tenter de le remotiver, à l'entourer d'affection et d'encouragements. Je ne devais pas être très bon à ça, car je mis deux semaines à le lever de son fauteuil, et une de plus pour l'accompagner jusqu'à son bureau. Je devais me retenir de pester contre lui et son apathie qui risquait de nous mettre à la rue. Je devais lui montrer que cela ne servait à rien de la pleurer et qu'il fallait vivre, maintenant, vivre avec son absence. Mais comment faire ?
Au final, j'ai l'impression d'avoir moins souffert que lui. Je sais maintenant pourquoi. Je m'étais insensibilisé, j'avais enfoui mes sentiments au plus profond de moi pour ne pas ressentir la douleur. Je me suis caché pendant des années derrière l'ironie, m'en servant comme d'un bouclier.
La conclusion de mon père, en revanche, était un poil minimaliste :
— Tu ne l'aimais pas...
— Mais si, Papa.
— Non, je sais que tu ne tiens pas à elle !
Quand il parlait d'elle au présent, c'était toujours mauvais signe...
— Papa...
— TU ES INDIGNE D'ELLE !
— Calme-toi !
— INDIGNE ! INDIGNE !!
Les soirées de ce genre se finissaient souvent dans les larmes, les assiettes qui volent et les crises d'hystérie. Une vraie scène de ménage ! Une fois sa colère épuisé, il s'effondrait sur le fauteuil et sanglotait "Yuliana... Yuliana...", puis je devais le coucher et le border, comme un enfant.
C'est donc à l'âge de treize ans que j'appris à être parent.

oOo

Les années passèrent, pendant lesquelles mon père se remettait peu à peu à agir en adulte. Mais le froid qui s'était installé entre nous a perduré, persuadé qu'il était que la mort de sa femme ne m'avait rien fait. Notre vie de couple n'était pas facile et la maison souffrait de nos nombreux désaccords (mais je vous rassure, on n'a jamais dépassé un mois sans faire le ménage. À ce moment-là, mon paternel m'accusait de lui laisser toutes les tâches ménagères – ce dont je n'étais d'accord, et je le lui ai mis en application). En parallèle, j'entrais dans une période de remise en question : qu'allais-je devenir ? Les perspectives qui s'offraient à moi n'étaient pas brillantes. Depuis que Maman était partie, je faisais des petits boulots peu gratifiants, et j'avais abandonné l'espoir de succéder à mon père dans son travail des impôts. Je perdrais une, peut-être deux classes à cause de sa bêtise.
Et puis un jour, dans le courant de ma dix-septième année, mon grand-père s'était présenté à notre porte. Il était venu me chercher pour me faire entrer au noviciat de l'Animus Vox. Inutile de vous dire que le soulagement nous a saisi tous les deux, mon père et moi. On en était venus à un stade où on ne pouvait plus se supporter (moi dans ma crise d'adolescence, et lui dans sa crise de la quarantaine).
Je suis parti en n'emportant aucune de mes affaires : tout ce dont j'avais besoin était fourni par le noviciat, et le superflu était interdit. La seule chose que je laissais derrière moi était une permission pour mon père d'avoir un autre enfant. En entendant cela, il en a pleuré de dépit. Cette scène est gravée dans ma mémoire aussi sûrement que si elle l'avait été dans la pierre. Lui, debout, sa main serra fort le papier, ce sale papier délivré par une administration aveugle à sa détresse. Le dos droit, mais la tête basse, et son autre main pudiquement posée sur ses yeux. L'ironie du sort le frappait en plein visage.
Mon grand-père était venu me chercher en voiture. C'était la première fois que je montais dans un véhicule motorisé, j'étais très excité et émerveillé. Elle était bien entretenue, mais le moteur faisait beaucoup de bruit et sentait très fort.
Mais en cours de route, j'ai commencé à me sentir de plus en plus mal. J'avais l'impression d'être malade et une puissante envie de vomir commençait à me nouer l'estomac. L'évêque s'en est rendu compte à temps et a arrêté la voiture.
— C'est normal, ça fait cet effet à beaucoup de personnes, commenta-t-il tandis que j'étais penché sur le rebord de la chaussée.
— Comment nos ancêtres pouvaient supporter ça ?, maugréai-je d'un air dégoûté.
— Aucune idée.
Nous arrivâmes au noviciat sans autre encombre, et je découvris pour la première fois ce bâtiment imposant où je serais destiné à passer mes prochaines années.

oOo

III. Novice
Que dire de cette période ? Tout simplement : je crois que c'était la meilleure de ma vie.
Pour recontextualiser, nous étions une centaine de jeunes de quinze à vingt-cinq ans, nous avions un permis de sortir par mois pour voir notre famille et nous étions éduqués pour servir correctement le Dôme. J'ai appris à lire, à faire des divisions et des multiplications, j'ai étudié de nombreux textes religieux, on m'a appris tous les arguments, tous les dogmes, tous les cérémonials, tout ceci pour faire partie de l'Animus Vox. Et j'y croyais, oh, tellement fort ! Comme chaque élève, j'étais emporté par la foi et la conviction de nos professeurs. Du matin au soir, nous apprenions pourquoi le Dôme était notre Dieu et pourquoi chaque être humain, y compris ceux qui ne vivaient pas sous sa protection, devait croire en Lui et en quoi il nous était infiniment supérieur. On nous apprenait également la politique de l'Animus Vox : baptiser en priorité, la foi viendrait sûrement après (l'inverse était considéré comme impossible). Si refus, nécessité de chasser l'inopportun qui n'a rien à faire sous la protection du Dôme.
Plus on m'apprenait de choses, plus j'avais soif de comprendre. Pourquoi nos ancêtres ont-ils déclenché cette catastrophe ? Comment est arrivé le Dôme ? Existait-il avant... eh bien, d'exister matériellement ? Comment un dieu peut-il exister sur le plan matériel ? Pourquoi n'a-t-il pas empêché la catastrophe plutôt que de ne sauver qu'une poignée de personnes ?
Dès que j'ai su lire, je passais la plupart de mon temps dans la bibliothèque, avec pour objectif secret de lire tous les livres et toutes les cartes qui y étaient conservés. Ce n'était pas une mince affaire, d'autant plus que des sections entières étaient interdites aux élèves – comme j'avais envie de les découvrir ! Malheureusement, elles étaient mises sous surveillance.
Lire m'a apporté de très nombreuses connaissances. J'ai enfin pu me faire une idée d'à quoi ressemblait l'extérieur, avant et après la catastrophe. Ces images m'ont fasciné, mais l'enseignement des maîtres était ancré en moi : l'extérieur, c'était le mal, la pourriture, le cadavre de l'ancien monde. Ce n'était plus normal d'y vivre. C'était contre-nature.

oOo

Maintenant que j'ai mûri, je me rends compte que les novices ont réellement été triés sur le volet. Habituellement, dans n'importe quel groupe de jeunes il y aurait eu de la concurrence, des tensions, des affaires de vol, de racket, de deal... Voire de viol. J'étais innocent et j'avais très peu fréquenté les gens de mon âge, donc je ne trouvais rien de spécial au groupe que nous formions. Mais il était spécial, vraiment.
Personnellement, je m'étais très bien intégré à mes camarades, et j'avais redécouvert le plaisir d'avoir la compagnie de jeunes de mon âge. Rapidement, on découvrit les points forts de chacun, et il s'avéra que le mien était les discours, la passion, le paraître. J'étais fait pour être prêtre, pour enflammer les foules, pour raviver la foi défaillante des brebis perdues, assurément.
C'est donc sans trop me poser de questions qu'au terme de notre année de formation je choisi de devenir Preacher. C'était un choix qui coulait de source, qui paraissait parfaitement adapté pour moi.
Mais finalement, cela m'a peut-être conduit à faire plus de mal que de bien...

oOo

IV. Âge adulte
Pour mon entrée dans l'âge adulte, mon père m'a fait cadeau de son suicide. Le soir où je suis rentré pour lui annoncer que j'allais devenir Preacher, je l'ai vu pendu dans la cuisine dans son plus beau vêtement. Inratable, visible depuis l'entrée.
Il a toujours eu le sens de la mise en scène...
Une lettre était posée sur le plan de travail :

Fils,
Pardon pour ma faiblesse. Je sais que je t'en demande beaucoup, mais je ne peux plus supporter cette vie sans saveur. Plus rien n'a d'intérêt pour moi, hormis la perspective de rejoindre ta mère. Je sais que tu seras assez fort pour ne pas te laisser abattre (je l'ai vu quand Yuliana est morte). Je pars donc la conscience tranquille. Nous avons eu beaucoup de mésententes, toi et moi, et j'en suis désolé. Sache que je t'aime. J'espère que toi aussi.
Prend soin de toi.


Seigneur Dôme... J'ai regardé le corps qui se balançait doucement et j'ai eu bien envie de hurler qu'il n'avait pas le droit de faire ça. Il avait déjà la chance unique d'être né dans un monde où les naissances étaient sur-contrôlées. La chance unique d'avoir rencontré la femme de sa vie et d'avoir fondé une famille avec elle malgré leur différence de classe. Il aurait dû s'éteindre paisiblement. Et bordel, ça fait des années qu'elle est morte ! Papa... T'étais vraiment qu'un idiot !
J'ai mis plusieurs minutes à reprendre mon calme, à admettre que je ne n'étais pas responsable de sa mort (ah, le syndrome du survivant...). Loin de lui, je n'avais rien vu venir et je n'aurais pas pu l'aider. Je n'aurais rien pu faire.
J'ai décroché le corps en tremblant. Il était déjà froid et commençait à se rigidifier – ça faisait plusieurs heures qu'il était là, presque à m'attendre. Je l'ai serré contre moi une dernière fois (chose que je n'ai pas pu faire avec Maman) et puis j'ai appelé la police.

oOo

Ils m'ont bien engueulé quand ils sont arrivés parce que je n'aurais pas dû toucher au corps. Je les ai ignoré, j'avais fait ce qui me paraissait à faire et je ne savais pas que c'était important pour eux de ne toucher à rien.
Je le saurais pour la prochaine fois...
Pour mon tout premier enterrement en tant que prêtre, c'est donc mon père que j'aurais l'honneur de mettre en bière. Ça m'a fait bizarre de me dire que maintenant j'étais orphelin. Désormais, ma seule famille était mon grand-père et le Dôme. Les deux m'ont pris sous leur aile et m'ont soutenu, m'ont aidé à démarrer dans la vie active, à prendre mes marques, à savoir quoi faire et comment. Je suis pleinement devenu homme grâce à eux, et j'étais sûrement l'homme le plus croyant de tout le Dôme.
Ça a duré quelques années, et puis les choses se sont gâtées pour moi.

oOo

J'ai continué à lire autant que je pouvais, comme pour rattraper le temps perdu. Une plus grande partie de la bibliothèque m'était accessible, mais certains rayons resteraient hors de portée pour toujours. À fort de compiler des lectures sur la nature du Dôme, des essais et des théories, j'ai fini par comprendre que c'était une création humaine, non un dieu au sens strict du terme. Ce n'est pas lui qui a créé l'humanité, mais l'inverse. Se posait donc la question suivante : puisque nous l'avons créé, ne devrions-nous pas plutôt être son dieu ? Cette question m'a tourmenté pendant des semaines, mais ce n'est pas elle qui m'a fait perdre ma foi. Certes, la nature de ma religion était remise en cause, mais il me restait encore les dogmes, symboles de vérité et de justice. Et finalement, à force de m'appuyer sur eux, de les étudier, d'en percer la vérité, j'ai vu leurs failles. Mais ma foi était encore vaillante à ce moment-là.
Non, en réalité, ce qui m'a fait sombrer, c'est de me rendre compte, un jour que je n'avais pas préparé mon discours, que je pouvais dire n'importe quoi à mes moutons et qu'ils me croiraient toujours. Je suis prêtre et en tant que tel, ma parole est Vérité pour eux. Mais qui est mieux placé que moi pour savoir que ce n'est pas toujours le cas ? Et donc, si ce n'est pas mon cas, est-ce aussi celui des autres ? Je réalisais petit à petit que tout, dans la religion était sujet à interprétation. Il n'y a pas de vérité pure.
Donc, pas de vérité tout court.
Il faut aussi que je précise un point : quelque chose s'est passé en moi quand j'ai vu le cadavre de mon père pendre au-dessus du sol. J'ai réalisé que la vie était courte et qu'il fallait en profiter tant que nous étions vivants. Ne pas ruminer, toujours aller de l'avant. Et donc, lorsqu'une paroissienne d'âge mûr, sensuelle et charismatique, vint se confesser pour m'avouer qu'elle ne pouvait s'empêcher de tromper son mari, l'occasion était trop belle. Timidement, presque pour rigoler, je lui ai fait des avances, moi qui avait la moitié de son âge. Elle a mordu à l'hameçon et c'est dans le confessionnal que j'eus ma première expérience sexuelle. Je ne m'y attendais pas, mais je dois avouer que je fus agréablement surpris. Depuis, curieusement, cette femme est devenue très pratiquante et venait me rendre visite une à deux fois par semaine.
Je pense que mes parents n'auraient jamais approuvé ce comportement. C'était sûrement pour cela que je l'adoptais. Ils étaient morts, leurs préceptes aussi. Point.
Je délaissais cette maîtresse quand une jeune fille vint m'avouer en pleurs qu'elle saignait régulièrement depuis trois mois en "un endroit qu'il n'est pas correct d'évoquer et encore moins de montrer". Elle se recroquevilla et rougit de honte en ajoutant qu'elle était désolée de me faire cette confession, mais qu'elle ne savait plus vers qui se tourner, qu'elle pensait que c'était une punition divine plus qu'un problème de santé. Sur le coup, j'ai froncé les sourcils et je l'ai bien regardée. Elle avait l'air d'avoir au moins seize ans, peut-être dix-sept. Si elle disait vrai, ses menstrues étaient exceptionnellement tardives.
— Êtes-vous proche de votre mère, ma fille ?
— Elle est morte quand j'étais petite.
— Y a-t-il une autre figure maternelle dans votre vie ?
— Non, je n'ai pas de tante et je n'ai jamais connu ma grand-mère.
Voilà qui expliquait tout.
Je passais l'heure suivante à la rassurer, à lui dire que c'était une bonne chose que ces saignements, que toutes les femmes étaient concernées et que c'était la preuve de sa fertilité et de sa beauté. Et moi, oui, même moi, je devais avouer qu'elle était belle et désirable. Et le Dôme lui-même devait approuver puisqu'il lui accordait ce trop-plein de sang. Que le sang, finalement, c'était un symbole de vie, de force et de santé. Elle se détendit peu à peu, puis rougit de plaisir sous mes compliments.
— Mon père, je ne sais pas comment vous remercier !
— J'ai bien une petite idée...
Elle a bien protesté, au début, quand elle a compris ce que je lui demandais. Mais je lui ai assuré que cela me ferait du bien, et donc que le Dôme approuverait puisque je fais partie de lui. Dévouée et altruiste, elle a bien voulu me faire plaisir. Et finalement, cela ne lui a pas tant déplu que ça, puisqu'elle est revenue me voir en tête à tête plusieurs fois.
Ma première maîtresse (dont j'ai oublié le nom) était bien entendu folle de rage. Après m'avoir fait une scène monumentale, elle est parti et n'est plus jamais revenue dans ma paroisse. En fait, je ne l'ai plus jamais revue.
Et c'est ainsi que je pris de vilaines habitudes.

oOo

Les années passent, et parmi mes pairs, je suis connu pour mon libertinage. Je suis loin d'être le seul, mais je suis celui qui se cache le moins, et mes rares proches me recommande de faire attention ; en particulier mon grand-père. Il m'adressait régulièrement des reproches, mais il est mort l'an dernier d'une crise cardiaque. "Un jour, ils te puniront pour ce que tu fais ! Tu es la honte de notre profession !"
Mais je n'ai jamais franchi la limite. Entre deux conquêtes, je laisse toujours de l'eau couler sous les ponts. Mais il faut dire aussi que je suis un très bon prêtre, charismatique et aimé de ses moutons.
Un jour, pourtant, je récolterai sûrement ce que j'ai semé. Mais aujourd'hui, je profite.

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IRL, j'ai 22 ans. Je suis là 5 à 7 jours par semaine. J'ai connu After Us à cause de Yhme (c'est aussi mon garde du corps donc attention à vos fesses !) et j'utilise Jason Statham comme avatar. Il est trop classe^^

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:16

Huhu
Viens donc me prêcher la bonne parole

Courage pour ta fichette ma puce :3

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:19

Bienvenue monsieur le prêtre !!! Je sens que il y a peu de gens qui vont refuser de t'écouter vu l'avatar que tu as choisi !!! Bon courage pour la rédaction de ta fiche !
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:40

Ne me tente pas, Yhme

Merci monsieur le... heu... militaire/colonel/milicien^^ Bien sûr, je table sur ma belle gueule pour convaincre les pauvres paroissiennes égarées (de gré ou de force, si j'en crois je traitement que la religion réserve aux immigrés)... Ça pourrait se montrer un travail divertissant Very Happy
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:41

Yhme a grandi au Dôme tu sais, c'est une croyante tu sais, ils pourraient... tu sais ? What a Face XDDDDDD

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:46

Jason en prêtre manipulateur et cruel ? J'adore l'idée Ceci dit, j'garantis pas que Vas t'apprécie lui

Bienvenue sur AU et bon courage pour la suite de ta fiche
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:51

Hu quiconque touche à Savatie je lui fais manger mes crottes de nez ! *Ouais, j'suis une violente.*

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 14:52

Héhé c'est toi la fameuse amie de Yhme

Bienvenue sur AU ! J'ai hâte de te lire !

Bon courage pour ta fiche !

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 15:00

@Yhme : *sourire innocent* Quoi devenir copains ?

Merci, Vas Smile (je peux t'appeler Vas ? Oui, sûrement^^) Mais fait gaffe, j'ai mon garde du corps...

Oui, ô Grand Chef, c'est moi l'amie de Yhme (est-ce que je parlais d'hypocrisie dans ma fiche ?... Non, je crois pas^^)
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 15:01

"Copains" Tutafé

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 15:30

Attention, jeune fille, il pourrait t'en cuire...
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 15:30

Hihi What a Face
Mon esprit dément bouillonne d'idées :3

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 15:53

Avec un prénom comme ça j'ai bien envie de te Sava****

*sort avant qu'Yhme ne voit ça*

Bienvenue sinon et bon courage pour ta fichette ! :3
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 16:39

File twa :p

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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Sam 3 Jan - 21:27

Pour info, Sven, c'est fait exprès, le prénom Smile Je pensais le changer au début, et puis je me suis dit que ça faisait un petit côté sado-maso sympa Razz Le pire, c'est que c'est un vrai prénom moldave.

Couchée, Yhme. Sage, pas mordiller le môsieur...
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Dim 4 Jan - 19:43

Animus et pervers manipulateur. Tout ce que j'aime. What a Face

Bienvenue sur AU et bon courage pour la suite de ta fiche ! I love you

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But in this twilight, our choices seal our fate

The pull on my flesh was just too strong Stifled the choice and the air in my lungs Better not to breathe than to breathe a lie So crawl on my belly 'til the sun goes down I'll never wear your broken crown I took the road and I fucked it all away Now in this twilight, how dare you speak of grace.
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Dim 4 Jan - 23:11

Merci beaucoup Very Happy Je viens de lire ta présentation et j'adore ta manière d'écrire ! Le "tu" rends très bien dans la narration, et en plus c'est original !
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Lun 5 Jan - 3:05

Sympa la référence au bouquin de Bastovoi
Bienvenue et bonne chance pour la fin de ta fiche !
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MessageSujet: Re: Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais   Mer 7 Jan - 18:59

"Papa... T'étais vraiment qu'un idiot !"
"— Mon père, je ne sais pas comment vous remercier !
— J'ai bien une petite idée..."
Tu me vends du rêves Shima ! XD

Поздравляю !


Après l'effort le réconfort, tu es validé(e) ! Tu peux d'ores et déjà installer tes valises sur le forum ! Pour ce faire n'oublie pas de lire les annexes scrupuleusement afin d'être certain(e) d'avoir l'univers en tête pour te lancer dans de trépidants sujets. Afin d'être sûr de laisser ton emprunte et t'annoncer aux autres joueurs n'oublie pas de recenser ton avatar et recenser ton personnage ! Tu peux effectuer un certain nombre de demandes pour ton personnage et son histoire en visitant la partie gestion. N'oublie pas de créer ta fiche de liens et ton journal afin de faire ami-ami avec les autres survivants ! Si le coeur t'en dis, tu peux même créer un scénario pour enrichir ton jeu. Pour finir, n'oublie pas que sur AFTER US tu n'es jamais seul et ton avis est précieux pour tous ! Nous t'invitons donc à poser des questions si un point te semble obscur ou même donner des suggestions. Si besoin est, tu pourras signaler une absence dans ce sujet. A très bientôt sur la chatbox ou dans le flood !



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Savatie Baştovoi - Je suis un lapin qui ne meurt pas, jamais

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